Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 6e Dimanche de Pâques (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Accueillir le Don de l’Esprit !

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Celui qui m’aime sera aimé de mon Père; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »  

La Parole aujourd’hui s’achève avec des mots d’amour qui suggèrent l’intimité, une présence de communion, de Dieu avec nous, de nous avec Dieu. Jésus insiste, il nous enveloppe d’amour, en nous promettant de ne jamais nous abandonner, de ne pas nous laisser orphelins. Et quand il nous annonce la venue de l’Esprit Saint, il nous donne du même coup la consigne d’aimer et de nous laisser aimer. Du don de cet amour et des promesses qui l’accompagnent nous avons un urgent besoin pour porter au monde le témoignage de l’amour que le Seigneur attend de nous et dont le monde, nous le savons, a un si urgent besoin.

Depuis Pâques nous célébrons le mystère de Jésus, le crucifié, le ressuscité d’entre les morts. Le Seigneur est vraiment ressuscité. Alléluia! Nous savons l’importance de cette vérité centrale de notre foi, bien que nous n’en mesurions pas vraiment toute la portée qu’elle a sur nos vies, sur celle de l’Église et de toute l’humanité.

L’enthousiasme et la ferveur du jour de Pâques et son sens sont d’ailleurs mis à rude épreuve parfois dans l’expérience que nous avons des grisailles du quotidien. Nous sommes aux prises avec les contestations, l’indifférence et la moquerie de plusieurs. Des arguments contraires nous sont souvent adressés; sans compter les doutes et la lassitude qui surgissent parfois en nous. Peut-être nous arrive-t-il même de nous décourager, de préférer nous taire ou nous esquiver devant la gêne et la déception de voir notre témoignage bafoué. Pâques serait-il trop lourd à porter, trop grand pour nous? Comment pouvons-nous le vivre, l’annoncer aux autres et leur donner le désir d’engager eux aussi leur vie dans le sens du renouveau et de l’espérance que nous apporte ce grand Mystère?

L’apôtre Pierre – dans la 2e lecture – ne semble pas surpris de ce qui arrive. Il nous invite à nous ajuster à l’Évangile. « Honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. » écrit-il. «Ayez une conscience droite… Souffrez volontiers en faisant le bien… Faites comme le Christ, lui le juste, qui a souffert pour les injustes, afin de nous introduire devant Dieu.» Concrètement cela voudra dire tenir dans l’épreuve, se garder pur au milieu du monde. Se tenir prêts à présenter une défense devant quiconque demande raison de l’espérance qui est en soi; le faire avec douceur et respect », ajoute-t-il.

Notre foi dans le Christ ressuscité ne va pas de soi. Notre discours humain arrive mal à dire les choses essentielles sur le sujet. Comment professer l’Évangile au milieu d’un monde qui l’ignore? Comment vivre l’Église et son mystère au milieu de ce monde? Jésus connaît cet inconfort où nous sommes. Lui-même il l’a vécue. Nous partageons avec lui l’épreuve, la confrontation et la souffrance pour la vérité de la foi. 

La parole de ce dimanche nous réconforte quand elle nous rapporte ce que Jésus disait à ses disciples au moment de partir, à ceux qui ressentaient l’abandon, la peur, une véritable détresse spirituelle. Ces propos nous rejoignent nous aussi en cette période troublée où nous sommes. Ils nous disent que le Seigneur Jésus n’abandonne pas les siens. « Je prierai le Père, dit-il, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. » « Moi-même, je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi ».  

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