Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 2e Dimanche de Pâques (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Toucher Jésus pour croire en Lui!

En ce 2e dimanche de Pâques, la liturgie nous ramène chaque année le même évangile de Saint Jean, qui nous présente deux apparitions successives du Ressuscité. Les événements se passent, à une semaine d’intervalle, le 1er jour de la semaine. Deux apparitions, comme si la première n’avait pas suffi à livrer entièrement le message du Ressuscité. Comme si la deuxième apparition devait apporter un complément essentiel à notre expérience croyante, à notre vie de foi en Église.

Dans les deux cas, les apôtres sont là, enfermés dans une même salle. On se croirait au temps d’une pandémie! Les portes sont verrouillées. Ils ont peur. Ils sont confinés! Engourdis dans une grande torpeur, comme s’ils étaient dans un tombeau. En attente d’une âme, d’un souffle nouveau. Comme lorsqu’une épreuve ou un deuil, une séparation ou un échec nous ont frappés et nous ont laissés blessés, esseulés, sans énergie.

C’est alors que Jésus vient. Toute porte étant close, il est là. Il leur dit à 2 reprises : Shalom! La Paix soit avec vous. En voulant dire : Calmez-vous! Ne restez pas figés comme ça. Cessez de vous attrister. Je suis de nouveau avec vous! Eux, ils sont contents de le voir. Il leur montre ses mains et son côté. C’est bien lui! Ils le reconnaissent. Ils sont dans la joie. Comme lorsqu’on retrouve un vieil ami, on ne sait trop quoi dire, tellement on est saisi, on est heureux. On ne discerne pas d’un seul coup toute son histoire. Il faut, bien sûr, le revoir pour en savoir davantage.

Dans cette 1ère apparition, le Ressuscité parle aux disciples de sortir. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie », leur dit-il. Il souffle sur eux. Comme pour leur donner de la vie, de son énergie, de son Esprit. Pour une mission qu’il leur confie, celle de remettre les péchés. Une œuvre de miséricorde qui lui tient à cœur, les attend.

Mais au terme de cette 1ère apparition, on ne voit pas les apôtres bouger. On dirait qu’il leur manque quelque chose. Ils sont comme si une prise de conscience n’avait pas eu lieu; comme si une importante motivation et une compréhension plus profonde du Mystère du Christ leur manquaient.

Et nous les retrouvons huit jours plus tard. Étrangement ils sont toujours dans la même situation d’enfermement et de confinement. Comme si rien ne s’était passé. Il a fallu cet incrédule de Thomas qui n’était pas là la 1ère fois, et qui par son incrédulité va maintenant leur donner de voir se débloquer la situation.

Devant le témoignage des autres, Thomas s’était en effet montré dubitatif. Pour être bien certain que c’était Jésus, il a besoin de vérifier les signes incontestables pour lui que sont les trous faits par les clous dans les mains et les pieds de Jésus, de même la blessure faite par le soldat dans son côté, blessure dont il était sorti du sang et de l’eau. Thomas s’entête même à vouloir toucher les plaies de Jésus. La mort de son maître sur la croix lui est restée dans le cœur et dans l’âme. C’est lui, Thomas, qui, déjà, avait dit aux autres, juste avant leur dernière montée vers Jérusalem : « Allons-y et mourons avec lui. » Donc Thomas, homme généreux et sensible, se montre particulièrement attentif à ce don que Jésus a fait de sa vie sur la croix.

Et c’est grâce à cette sensibilité si exigeante que le Seigneur Jésus va se révéler pleinement pour que nous puissions nous aussi faire la double reconnaissance et du Crucifié et du Ressuscité. L’apôtre Thomas provoque l’Église croyante à reconnaître bien explicitement la plénitude du mystère du Christ dans sa passion, sa mort et sa résurrection. Jésus le Ressuscité est celui qui a donné sa vie pour nous. Et c’est à ce titre qu’il est notre Seigneur et notre Dieu. Dieu sauveur! Dieu donné! C’est en lui que nous trouvons nous aussi la Vie. Les dons de l’Esprit, la miséricorde infinie du Père passent par les plaies glorifiées du Seigneur Jésus. «Si je mets la main dans la marque des clous, si je mets la main dans son côté, oui je croirai.»

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