Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 2e Dimanche T.O. (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Apprendre qui est Jésus

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 1, 29-34)

    En ce temps-là,
    voyant Jésus venir vers lui,
Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde ;
    c’est de lui que j’ai dit :
L’homme qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était.
    Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
    Alors Jean rendit ce témoignage :
« J’ai vu l’Esprit
descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
    Et moi, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’
    Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu. »

COMMENTAIRE

Il y a trois ans, à quelques jours près, c’était l’entrée en fonction d’un nouveau président élu des Américains. Depuis longtemps on parlait de lui. Il inquiétait par ses manières étranges et on ne savait plus trop quoi penser à son sujet. Il nous restait à voir comment il serait sur le terrain quand il occuperait définitivement le poste. Le connaissions-nous vraiment? C’était la question que nous pouvions nous poser. Tout en nous disposant au mieux à son égard, il nous fallait peut-être réapprendre à le connaître à la lumière des gestes qu’il allait effectivement poser en tant que président.

C’est un peu ce qui se passe avec Jésus de Nazareth dans la liturgie d’aujourd’hui. On en est au niveau des présentations. Par-delà le temps de Noël et de l’enfance de Jésus, nous sommes au seuil de sa vie publique. Il a pris pleine figure et dimension d’homme. Mais notre foi nous fait voir davantage en lui. Il est le Fils de Dieu, il est le Verbe fait chair, le Serviteur, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. S. Paul dira qu’il est celui en qui nous sommes sanctifiés. Il est notre Sauveur, étant tout à la fois Dieu et homme. Il a de l’effet dans nos propres vies.

Or c’est avec le temps que nous arriverons à mieux connaître qui est ce Christ que nous professons dans la foi comme notre Rédempteur et Sauveur. Pour Jean-Baptiste et les premières communautés chrétiennes ce fut un choc de le rencontrer, une interrogation formidable. « Je ne le connaissais pas » répète le prophète Jean. « Il y a parmi vous quelqu’un que vous ne connaissez pas », disait-il à ceux qui l’interpellaient sur sa mission et son identité personnelle de précurseur. Comment leur parler de lui?

Jean Baptiste accrédite son témoignage sur le fait d’une révélation personnelle qu’il a reçue auparavant. « Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. » C’est ainsi que Jean a vu en Jésus qui venait à lui l’Agneau de Dieu. Il a vu l’Esprit descendre sur lui et demeurer. Il peut donc nous dire : « C’est lui le Fils de Dieu, l’élu, le Messie. »

Certes il nous faut scruter les formules empruntées par le Baptiste et toute l’Église pour parler correctement du Seigneur Jésus. Ce ne sont pas là des mots magiques. Ainsi la liturgie nous rappelle en chaque Eucharistie que Jésus est l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Mais nous avons à laisser ces paroles se répercuter dans nos vies. Elles nous apportent du sens et de la lumière pour notre vie croyante aujourd’hui. L’Esprit du Christ, qui repose en nous depuis notre baptême, cherche à produire des fruits de connaissances et de sagesse. Il nous apprend à connaître le Christ, comme s. Paul et tant d’autres, en le fréquentant, lui qui est le Vivant, le Ressuscité à l’œuvre dans nos vies et dans celles des autres. Il nous faut croire en lui pour le voir et le reconnaître. Et c’est à force de le goûter, de le rencontrer que nous croirons davantage en son œuvre de salut, et que nous entrerons dans son mystère en étant comme lui – dans l’Esprit – les fils et filles du Père. Quel important et beau témoignage nous porterons alors de lui, dans l’humilité même de nos vies croyantes, vies de serviteurs et servantes du Dieu vivant!

Que cette Eucharistie nous établisse davantage encore comme membres du Corps du Christ, marqués du sang de l’Agneau, animés du même Esprit d’amour et de paix.

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