Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 24e Dimanche T.O. C

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc(Lc 15, 1-10)

En ce temps-là,
    les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
    Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
    Alors Jésus leur dit cette parabole :
    « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
    Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
    et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
    Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.

    Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
    Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
    Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »

COMMENTAIRE

Comme si c’était nous!

« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux. »

Voilà l’observation qui choque.

Voilà le point de départ de la belle démonstration d’amour, de sollicitudes et de miséricorde que nous retrouvons dans la Parole de Dieu aujourd’hui.

Au cœur de nos vies moroses, souvent tristes et contrariées, vies scandalisées et blessées par la faute et le péché, il nous est proposé la joie, la fête… celle de Dieu lui-même qui se plait à aimer et pardonner, à reconstruire à coup de miséricorde, un monde brisé et cassé.

Non seulement Dieu – en Jésus son envoyé – se révèle proche et accueillant pour celle ou celui qui se tourne vers lui, mais il mange avec eux, il lui fait confiance, il lui partage son intimité, il repart en alliance avec lui, avec elle, et il invite toute personne même qui se croirait belle et bonne, intacte et pure, et fidèle, à ne pas bouder les retrouvailles, mais à vibrer de la même joie que son Seigneur, à entrer dans une divine fête avec lui, une semblable miséricorde.

Nous aurions bien envie parfois de dresser un mur, de bien fermer la porte à tout jamais entre nous et les pécheurs.  Ce serait une façon de vouloir nous protéger, de nous enfermer dans notre intégrité, notre perfection acquise à coup de volonté, de fidélité, de sacrifices. Mais alors, ne risquons-nous pas d’être dans l’illusion sur notre propre compte. Qui a dit que nous étions parfaits et sans péché, qui peut le croire vraiment?

Le Seigneur aujourd’hui nous demande, comme il demande aux scribes et aux pharisiens, d’enlever le mur, d’ouvrir la porte de la miséricorde, de tendre la main aux pécheurs qui se repent, de faciliter les retours, d’accueillir dans la joie toute bonne volonté de sortir du mal. Il nous demande d’être proactifs et charitables, comme Saint Paul, sachant que nous aussi, les premiers, il nous a bénis de sa miséricorde et de son pardon. C’est ainsi que comme l’Apôtre nous aurons à cœur toute attitude qui suscite quelque part la conversion et l’accueil de la Bonne Nouvelle du salut dans le Christ.

Le Seigneur nous invite à multiplier les gestes qui sont les siens, lui qui cherche, qui n’a de cesse qu’il n’ait trouvé la brebis égarée, la pièce perdue; lui qui allume la lumière, qui balaie la maison, et qui lorsqu’il trouve ne demande qu’à nous associer tous à sa joie.

Pour notre part ne craignons donc pas la miséricorde et le pardon, sachant que l’Esprit Saint travaille pour sa part sur tous les terrains, que nous ne sommes pas seuls en quête de conversion et de vie nouvelle.

Qu’en cette eucharistie, nous retrouvions la joie de Dieu, la joie et la paix de Pâques! Que nous y puisions l’audace de la foi, de la confiance, de la charité pour briser les murs de notre isolement et de nos craintes! Et qu’il nous soit donné de croire plus dans les autres! Qu’une force et une sagesse nous animent pour bâtir avec eux le monde nouveau du Royaume! Dieu est à l’œuvre avec nous tous. Il nous devance partout. N’ayons pas peur!

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