Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Les premiers savent-ils qu’ils seront derniers ?

Imprimer Par Raphaël Pinet

 

Il y a quelque temps, un chef d’Etat sûr de lui a pu déclarer sans ambages que dans la vie, « il y a des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ». Nul doute que la modestie et la simplicité du personnage ne le range pas parmi les gens de rien. Une certaine morale de l’action condamne l’échec comme la marque d’une indolence, d’une paralysie de la volonté et d’une nonchalance coupable qui rend finalement les ratés responsables de leur misérable vie. Sous d’autres latitudes, les tenants d’une lecture pour le moins étrange de l’Evangile considéraient la richesse et la réussite sociale comme la marque d’une bénédiction de Dieu. A contrario, l’échec décliné selon différentes modalités (alcoolisme, divorce, violence conjugale, chômage, etc.) montraient la face visible de la malédiction divine.

Pourtant, beaucoup connaissent dans leur entourage des gens de rien sans qui tout serait différent. Des gens dévoués aux autres qui tiennent la main des mourants ou des malades parqués dans leur solitude, qui visitent les détenus isolés dans leur vie brisée par le crime, des femmes seules qui courent après leur pension alimentaire pour pouvoir donner un avenir à leur enfant, des passeurs anonymes qui tendent la main au migrant conspué, des militants écologistes qui payent de leur vie leur engagement pour la survie de notre planète. Et la liste est longue, de plus en plus longue, de ces gens de rien que nul trophée ne récompensera, que nulle médaille ne distinguera.

Il serait bon qu’en famille, en ce début de Carême nous nous rappelions que pour ceux qui veulent suivre le Christ, il n’y a pas d’amour sans acte d’amour, ni d’amour là où règne l’exclusion et l’indifférence aux injustices.

… Le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.

Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”

Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”

Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

Mathieu 25, 34-40

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