Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 2e Dimanche T.O. Année C

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

L’Heure des Noces

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 2, 1-11)
En ce temps-là,
il y eut un mariage à Cana de Galilée.
La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au mariage
avec ses disciples.
Or, on manqua de vin.
La mère de Jésus lui dit :
« Ils n’ont pas de vin. »
Jésus lui répond :
« Femme, que me veux-tu ?
Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit à ceux qui servaient :
« Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre
pour les purifications rituelles des Juifs ;
chacune contenait deux à trois mesures,
(c’est-à-dire environ cent litres).
Jésus dit à ceux qui servaient :
« Remplissez d’eau les jarres. »
Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Il leur dit :
« Maintenant, puisez,
et portez-en au maître du repas. »
Ils lui en portèrent.
Et celui-ci goûta l’eau changée en vin.
Il ne savait pas d’où venait ce vin,
mais ceux qui servaient le savaient bien,
eux qui avaient puisé l’eau.
Alors le maître du repas appelle le marié
et lui dit :
« Tout le monde sert le bon vin en premier
et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon.
Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.
C’était à Cana de Galilée.
Il manifesta sa gloire,
et ses disciples crurent en lui.

 

COMMENTAIRE

Parmi les plus beaux rêves qu’il nous soit donné d’avoir sur la terre, il y a sans doute celui de l’amour humain réussi entre un homme et une femme. Cet amour qui demande à s’accomplir dans des épousailles qui soient un réel bonheur, alors même que chacun et chacune poursuit sa route d’humanité avec plus ou moins de succès, goûtant à de grands ou de petits bonheurs, tirant le meilleur parti possible des circonstances particulières qui sont les siennes et des rencontres qu’il lui est donné de vivre. Le cinéma, le théâtre et le roman ont largement cultivé ce rêve, ils ont souvent voulu illustrer la réalité conjugale en tous ses états jusque dans le meilleur et dans le pire..

Voici qu’aujourd’hui, en cette liturgie dominicale, Dieu nous parle d’amour et d’épousailles comme nous osons à peine en parler de nous-mêmes. Aujourd’hui nous allons aux noces, non pas comme de simples invités, mais comme partie prenante de ces épousailles entre Dieu et l’humanité : nous entrons en alliance avec le grand Amour de notre vie. Celui qui nous aime à la folie nous en fait la promesse. « On ne t’appellera plus : La délaissée, dit le prophète, on n’appellera plus ta contrée : Terre déserte, mais on te nommera : Ma préférée, on nommera ta contrée : Mon épouse, car le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée aura un époux… Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t’a construite t’épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. »

La Parole de Dieu aujourd’hui nous surprend encore avec ce rêve impensable de Dieu qu’elle chante pour nous. Dans ce plein hiver où nous sommes, voilà un joli contraste. C’est plutôt un printemps que Dieu fait pour nous, avec ces épousailles qu’il nous propose. Son Fils nous révèle cette grande passion de Dieu. La mère de Jésus se fait complice du bonheur annoncé. « Faites tout ce qu’il vous dira! » dit-elle aux serviteurs. Grâce à Marie, Jésus, à travers le geste qu’il accomplit pour tirer d’embarras un maître de repas, dont les réserves de vin était épuisées, anticipe son Heure, celle de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. Bientôt sa Pâques nous vaudra d’être abreuvés de l’Esprit, le vin de l’alliance nouvelle. Nous passerons alors du régime de la Loi et des rites de purification au régime de la grâce et de la Fête éternelle.

En fait, nos noces humaines et nos mariages les plus beaux sont une figure de cette alliance d’amour que Dieu veut vivre avec nous en son Fils. Cette alliance, cette communion avec le Père et le Fils dans l’Esprit nous est donnée pour que nous en vivions en Église, pour que nous en soyons transformées ensemble. Cette beauté et cette harmonie, Saint Paul nous en parle dans sa 1ère lettre aux Corinthiens : « Les fonctions dans l’Église sont variées, mais c’est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est partout le même Dieu qui agit en tous. Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. »

Une façon de nous dire que le Seigneur lui-même nous fait une beauté; il veille sur sa fiancée; il fait plein de cadeaux à son épouse. Il ne cherche qu’à nous rendre heureux. « On t’appellera d’un nom nouveau, donné par le Seigneur lui-même. Tu seras une couronne resplendissante entre les doigts du Seigneur, un diadème royal dans la main de ton Dieu. »

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