Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 2e Dimanche de l’Avent (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Le temps de nous habiller le cœur!

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 3, 1-6)

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,
son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide,
Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, le fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain,
en proclamant un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les chemins rocailleux seront aplanis ;
et tout être vivant verra le salut de Dieu.

COMMENTAIRE

Aplanir la route. Combler les ravins. Abaisser les collines. Redresser les passages tortueux. Ce sont là des tâches qui demandent beaucoup d’énergie. Il faut s’y mettre vraiment pour changer ainsi plus que le paysage, et ça prend du temps. Je me rappelle ce gros bulldozer autrefois sur la ferme, chez nous. Ça m’impressionnait beaucoup de voir arriver cette grosse machine, dont la puissance nous étonnait, et qui travaillait fort pendant une dizaine d’heures par année, pour des transformations réelles sur nos terres.

Ce que les prophètes Isaïe et Jean Baptiste nous disent, c’est que ce n’est pas une mince tâche de nous convertir et de préparer nos cœurs pour la rencontre qui vient. À plusieurs reprises cette liturgie, nous rappelle la venue prochaine du Seigneur, une venue glorieuse et puissante, qui mettra fin à notre longue attente. Prenons garde de manquer le rendez-vous par manque de vigilance!

Quand on attend quelqu’un, c’est normal, de se préparer. On se sent responsable de l’accueil à lui faire. On n’aime pas les surprises, pris en défaut. Si c’est quelqu’un d’important, il faut se préparer encore plus et bien s’ajuster à ce qu’il est : un ami, un proche, quelqu’un de significatif pour nous.

Il s’agit d’anticiper la présence de l’être aimé; c’est comme si la personne attendue était déjà là, vivante dans notre cœur. Dès lors, plus que les décorations extérieures, plus que le rangement de tout et la propreté de la maison, il y a le cœur, la disposition intérieure qui importe. Qui fait qu’on s’habille le cœur, comme disait le renard au Petit Prince, parlant de leur amitié, fruit d’un apprivoisement.

Si le Seigneur vient, c’est certain que c’est pour notre joie, pour notre bonheur intime. N’était-ce pas le sens de sa première venue? C’est ce qu’il veut pour nous, que nous soyons heureux, réconciliés, en harmonie et communion avec lui et entre nous. Sa venue ne peut qu’aller dans ce sens. Ce qu’il faut faire pour nous bien préparer, S. Paul nous le rappelait dans la 2ème lecture : « Dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance qui vous feront discerner ce qui est plus important.»

Il ne faut pas penser que cette mise à niveau de notre personne pour la venue du Seigneur puisse se réaliser par nous-mêmes. L’enjeu et le défi sont trop grands. Prenons un exemple : si le premier ministre du Canada ou le président des USA venaient ici chez nous, c’est sûr que nous aimerions cela. Pensez donc, quel honneur ils nous feraient par leur présence! Mais tout de suite nous dirions que la tâche de les bien accueillir est trop lourde pour que nous puissions l’assumer tout seul. Nous aurions d’ailleurs bientôt la visite de la GRC ou du FBI pour parler sécurité. Toutes sortes d’experts viendraient nous informer, nous préparer pour une telle visite. Autrement, tout seul, nous n’arriverions pas à recevoir ces dignitaires de la bonne façon, en toute sécurité et bienséance.

C’est pareil avec le Christ en toute sa gloire. Il ne nous laisse pas seul pour préparer sa venue. Il est grand! Plus que tous les présidents! Déjà d’ailleurs l’Esprit Saint nous est donné pour nous instruire, affiner notre âme, notre être intérieur. Ses dons nous aident à nous bien disposer en-dedans, à nous mettre en bonne relation les uns avec les autres. Profitons-en! S. Paul ne témoigne-t-il pas justement de cette présence de Dieu qui déjà a pris les devants, quand il écrit : « Puisque Dieu a si bien commencé chez vous son travail, je suis persuadé qu’il le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus. »

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