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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Oecuménisme

Imprimer Par Guy Musy, o.p.

 

Avec raison, vous estimerez que ce billet survient comme la pluie après la moisson, puisque la semaine de prières pour l’unité des chrétiens est derrière nous. Qu’importe ! La question demeure, même si d’aucuns la jugent résolue. J’ai sous les yeux une circulaire d’Eglises chrétiennes de mon pays qui pourrait faire croire que les divisions entre chrétiens ne sont que des particularismes culturelles ou cultuelles, vestiges d’un passé révolu. Il suffirait de laisser du temps au temps pour estomper leurs aspérités et nous nous retrouverions réunis sans même nous en apercevoir. Notre « vivre ensemble » finira donc par avoir raison de nos divergences.

Si ce constat a quelques couleurs de vérité pour les dénominations chrétiennes traditionnelles, il ne vaut certainement pas pour la nébuleuse « évangélique ». En particulier pour les groupes qui prêchent « la religion de la prospérité » et qui sont en voie de conquérir les terres jusque là catholiques de l’hémisphère sud. Par ailleurs, plus nombreux encore sont les nouveaux athées, agnostiques ou sans religion issus de nos propres rangs. Pour ces derniers, la question de la diversité ou de l’unité des confessions chrétiennes est dérisoire et insignifiante.

Demeure donc le pré carré de plus en plus rétréci des adhérents à nos Eglises chrétiennes traditionnelle pour donner quelque importance à l’oecuménisme. Je souhaite qu’ils cessent alors de faire le bilan de ce qui les sépare ou les unit. Qu’ils ne fassent plus l’éloge de leurs champions respectifs comme autant de potaches en cours de récréation. Plutôt que se complaire en jubilés et anniversaires, ils feraient mieux de raviver leur foi fondamentale et commune dans le Dieu de Jésus-Christ. Voilà ce qu’un œcuménisme bien senti exige de nous aujourd’hui : unir nos dernières forces pour témoigner ensemble de l’Evangile. Nous finirons bien par convaincre nos enfants et petits-enfants qui ont déserté nos assemblées, avec fracas ou sur la pointe des pieds.

Cette tâche ne sera pas le produit passif du temps. De celui de la pendule d’argent des vieux de Jacques Brel, « qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non… ». Non. Ce témoignage commun est le fruit d’un sursaut de foi et d’énergie spirituelle suscité par l’ Esprit qui a été donné à tous.
Chrétiens de toute couleur, de toute obédience et de tous horizons réveillons-nous. L’heure n’est plus au ronron. Il est temps de raviver la flamme, de souffler sur la braise qui rougit encore.

 

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