Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 14e Dimanche T.O. Année A

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

« Heureux les pauvres de cœur, le Royaume est à eux! »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,25-30.

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

COMMENTAIRE

Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange…”  Cette exclamation soudaine de Jésus nous surprend. Elle vient marquer un tournant dans la trame de l’Évangile. Cette prière tout à coup nous donne accès à l’âme de Jésus; elle est porteuse d’une immense gratitude; elle nous révèle quelque chose de la pensée profonde du Seigneur. Jésus exprime au Père son émerveillement devant ce qui arrive, comme une surprise, comme une grande consolation. De quoi au juste s’agit-il?

Ce qui est en cause, c’est son ministère. C’est tout le sens de son intervention au pays des hommes et des femmes. Il les a déjà beaucoup fréquentés. Il est allé un peu partout en Galilée. Il a passé de ville en ville, de village en village. Le plus souvent on a refusé de l’écouter, de donner foi à ses paroles. On attendait de lui quelques miracles, bien sûr. Mais pour le reste, Jésus pouvait bien aller et venir sans susciter l’intérêt profond qu’il souhaitait.

L’homme de Nazareth est le Fils bien-aimé. Il porte en lui-même un secret qu’il aimerait tant partager; il vit une relation privilégiée avec le Père, dont il aimerait bien nous parler. La conscience de sa divinité l’habite avec cette capacité qu’il a de communiquer aux hommes et aux femmes la beauté, la lumière, la vie du Royaume. « Tout m’a été confié par mon Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » Les secrets de Dieu qui par nature sont inaccessibles à l’intelligence humaine, il a le pouvoir de les révéler au cœur et à l’esprit de celles et de ceux qui en ont soif, qui en ont le goût et le désir.

Et voici l’expérience que fait Jésus, où tout devient plus clair pour lui. Autant il se désolait de n’être pas pris au sérieux ni reçu ni accueilli par les sages, les docteurs et les savants, autant il peut maintenant se réjouir de voir les humbles et les petits, les ignorants et les pauvres se porter vers lui et s’attacher à lui. Dans cette soif qu’ils ont de l’entendre, dans ce besoin qu’ils expriment, Jésus voit un signe, un appel, qu’il attribue à son Père. Il l’en remercie.

Jésus voit combien les petits et les pauvres sont méprisés, soumis à des malversations par les gens plus importants ou mieux nantis. Ils sont abusés même par les chefs religieux qui font peser sur eux de lourds fardeaux d’obligations au nom même de la religion juive. On comprend qu’il veuille désormais attirer notre attention sur ces petits, ces démunis, les sans voix, sans force sociale, sans avenir, sans espérance peut-être. C’est pour eux qu’il est venu. C’est vers eux qu’il se portera désormais avec enthousiasme. Qu’ils viennent donc à lui en toute confiance, qu’ils entrent dans ce Royaume préparé pour eux. Il veut alléger leur corvée, les libérer du poids d’obligations qui pèsent sur eux. La grande valeur qu’il propose, c’est l’amour. Le souffle nouveau qu’il nous donne, c’est l’Esprit. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Cet appel nous concerne tous. Il nous interpelle.

Il y a là l’affirmation d’un grand tournant de l’Évangile, un moment crucial, où le vent tourne.«Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux! » Les doux et les humbles de cœur entrent avec le Christ dans le Royaume. Puissions-nous être nous aussi, assez humbles pour connaître et accueillir ce monde nouveau avec Celui qui est toute paix joie, amour et bonté, infinie liberté dans l’Esprit.

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