Témoins du Christ,

Responsable de la chronique : Marius Dion, o.p.
Témoins du Christ

Le Christ est ressuscité. Alléluia !

Imprimer Par Frère Boris

Nous remarquons que, dans l’Evangile du jour de Pâques (Jean, 20 , 1-9), on court beaucoup. Marie-Madeleine court vers les apôtres, pour les prévenir et leur demander de venir vérifier ses dires. Pierre et Jean courent vers le tombeau vide, pour voir si elle dit vrai. Ces deux courses se répondent et s’appellent sans cesse l’une l’autre encore aujourd’hui. Devenir chrétien au petit matin de Pâques, c’est s’entraîner à courir de ces deux quêtes à jamais assouvies : prévenir l’Eglise qui doit sortir d’elle-même pour aller voir ; courir soi-même pour visiter les lieux où la victoire sur le mal et la mort s’inscrivent dans la vie de tous les jours, même si c’est en creux, à la manière du tombeau vide.

Mais l’auteur de l’Evangile de Jean apporte aussi une petite précision : le disciple que Jésus aimait a
couru plus vite que Pierre. Pourquoi ce détail ? Serait-ce parce que ce disciple était plus jeune et
donc plus vigoureux que Pierre ? Peut-être, mais pas uniquement. Difficile de ne pas y voir là une
expérience autant symbolique que spirituelle et que l’on retrouve dans tout l’Evangile selon
saint Jean, qui est qualifié d’Evangile spirituel et qui nous invite à le lire de manière spirituelle.
Parce qu’il se sait aimé du Christ, ce disciple sera plus rapide non seulement pour arriver au
tombeau mais également pour interpréter cette absence, ce vide, ces bandelettes roulées à part
avec soin.

« Il vit et il crut ». C’est le seul disciple qui n’a pas eu besoin de voir le Ressuscité pour croire. Les
autres n’ont cru que quand ils l’ont vu eux-mêmes, refusant même de croire les femmes qui l’avaient
vu ressuscité. Aux antipodes de ce disciple nous avons vu Thomas qui lui, en plus de voir, dit avoir
besoin de toucher pour croire.

Or qu’est-ce que ce discipe a vu : rien ! Un tombeau vide ! Mais son amour pour le Christ lui
permet de voir au-delà de la réalité matérielle des bandelettes roulées avec soin. C’est évident
qu’on n’a pas volé le corps : personne n’aurait pris le soin de rouler le linceul et le linge recouvrant
la tête mais de là à comprendre que Jésus est ressuscité, il fallait un personnage de la trempe
spirituelle de Jean. Celui qui a reposé sa tête sur la poitrine de Jésus et qui a ainsi entendu battre
le cœur de Dieu fait homme c’est lui l’homme de la situation dans cet Evangile. Regardez aussi
l’humilité de Jean : Jean attend devant le tombeau, et s’efface pour laisser Pierre entrer le premier.
Symboliquement cela signifie que courir plus vite que Pierre ne signifie pas pour autant s’opposer à
lui, ni se mettre en avant. Bien souvent dans l’histoire de l’Eglise certains et certaines ont couru
plus vite que Pierre, mais ils n’ont pas eu l’humilité de Jean.


Source : Parole de chaque jour, avril 2017, pp.140-143 (texte de Frère Boris, franciscain) Ce mensuel est publié et diffusé part La Communauté Fiat (diocèse de Port Louis : Petite Rivière – République de Maurice)

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