Aventure spirituelle,

Responsable de la chronique : Suzanne Demers, o.p.
Aventure spirituelle

Saint Martin de Porrès

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Martin est né à Lima au Pérou, le 9 décembre 1579. Le registre baptismal notait: « fils de père inconnu »; mais, huit ans après sa naissance, un gentilhomme espagnol, chevalier de l’Ordre d’Alcantara, le reconnaissait comme son fils et pourvoyait à son éducation.

Ce fils illégitime d’un grand d’Espagne et d’Anna Velasquez, négresse, de condition libre, aurait pu être un enfant amer et révolté, mais dès son enfance il se montra chaleureux, cordial, porté à donner tout ce qu’il avait aux pauvres et aux méprisés. À 12 ans, il se fit apprenti barbier, c’est-à-dire, selon la mode de l’époque, à la fois chirurgien, pharmacien, et médecin. Après quelques années de pratique, il demanda à être admis comme «assistant», chez les Dominicains du monastère du Très Saint- Rosaire de Lima, n’aspirant même pas, dans son humilité, à devenir frère convers (c’est- à-dire: converti à la vie religieuse). On l’accepta à ce titre mais, après neuf ans, ses supérieurs et la communauté entière, impressionnés par sa vie de prière, d’austérité et d’humilité l’invitèrent à faire profession comme religieux et membre intégral de l’Ordre des Frères Prêcheurs.

Pour Martin, l’ordinaire était l’extraordinaire et l’inverse. Visions, extases, pénitences terrifiantes, bilocation, connaissance théologique infuse, guérisons miraculeuses et un pouvoir étonnant sur les animaux marquèrent sa vie; mais on le jugea saint en raison de son obéissance, de son humilité et de son parfait amour de Dieu. Il a été canonisé par Jean XXI11, le 6 mai 1962.

Martin de Porrès fut un saint et un charismatique. Religieux, il apporta à l’Ordre qui eut la faveur de l’accueillir, plus de sainteté qu’il n’en reçut. Charismatique, il fut sauvé par son admirable humilité de toute déviation spirituelle. Saint Paul, dans

1 Corinthiens 13, a bien marqué la différence entre la charité, essence de la sainteté, et les charismes (prophétie, dons des langues, prodiges et miracles) qui accompagnent parfois la sainteté et parfois, hélas! permettent de la feindre. Les charismes, en effet, servent surtout à la conversion des incroyants ou des faibles dans la foi (I Cor. 14, 22), et témoignent de la bonté et condescendance de Dieu envers ses enfants malheureux de la terre, plutôt qu’en fonction des charismatiques eux-mêmes, alors qu’une vie de charité témoigne sans équivoque possible de h présence de l’Esprit Saint dans une âme, et en conséquence de toutes les vertus qui accompagnent cette présence (I Corinthiens 13, 4-7).

Les contemporains de Martin l’appelaient le «père des pauvres»; ceux d’aujourd’hui, principalement dans les nations divisées par des querelles ethniques, voient en lui l’espérance d’une réconciliation et d’une communauté possible d’amour entre humains divisés par les antécédents historiques et le lourd héritage de la race, de la langue, de la couleur. Que cette espérance ne soit pas rendue vaine par trop de préjugés ou par la faiblesse de notre charité!

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