Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 29e dimanche. Année C

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

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Encore et encore, sans jamais se décourager !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18,1-8.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.”
Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !
Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

COMMENTAIRE

Ce dont il est question aujourd’hui dans l’évangile est au cœur de notre expérience croyante. Le message de la Parole porte sur notre foi mise à l’épreuve, une foi qui fait ses preuves, du sens profond qu’elle donne à la vie et du grand recours qu’elle apporte aux croyants et croyantes. La foi qu’est-ce que cela donne? Nous demande-t-on. Quelle différence apporte-t-elle dans notre vie? Quel aboutissement lui est promis? De quelle foi s’agit-il?

En première lecture et dans le passage d’évangile, il nous est rapporté des situations extrêmes.  Des tensions majeures dans la vie. Des situations où tout semblait perdu. Ainsi le peuple juif au désert. Moïse et quelques proches compagnons se tiennent dans la prière, en marge d’un combat dont l’issu n’était pas assuré en faveur d’Israël.

Dans l’évangile un exemple nous est donné : le cas d’une veuve sauvée par son entêtement dans une cause où elle n’avait aucune chance de l’emporter. Dans les deux cas, le réflexe fut celui de la persévérance, de l’entêtement à croire qu’une solution favorable puisse survenir, pour que le droit et la justice l’emporte,  grâce à Celui qui transcende tout, qui est au-dessus de tout.

Notre Dieu nous est d’un recours formidable dans un monde où nous vivons des situations extrêmes. Dans la prière authentique nous tendons une main confiante par delà le voile de notre impuissance et de toutes nos obscurités. N’avons-nous pas dans ce creux de notre expérience religieuse et croyante le point de départ et la raison d’être de notre espérance.  Le signal que ce dimanche nous donne c’est qu’il faut sauver l’homme de lui-même, de ses peurs, de ses tourments. Qu’il faut lui proposer l’espérance par le fait de notre foi, de notre persévérance.

Dans un monde qui doute et qui nie Dieu et qui même se bat contre tous les croyants, nous rappelons à Dieu que nous tenons à lui, que nous comptons sur lui, obstinément, envers et contre tous. Non, la marée immense de ceux et celles qui ne veulent rien savoir, ou qui dénigrent la foi ou qui la refusent ou qui lui dénient toute capacité, ne l’emportera pas,  parce que toi tu tiens bon, toi tu comptes sur lui, toi tu gardes la foi, l’espérance, l’amour dans ton cœur envers un Dieu dont tu sais qu’il est le seul à répondre finalement de ton salut.  Sachant que tu n’es pas seul à croire ainsi.  Qu’il y a des gens comme toi, avec toi, qu’il y a une communauté, qu’il y a l’Église de Dieu. Qu’il y a des croyants partout. Qu’il y a tous ceux et celles qui luttent et qui tiennent à cause de Dieu et pour qui Dieu est la force ultime, décisive.

Quelque part, à son heure, il agira, il fera justice, il nous sauvera. Il nous a déjà sauvés de la mort totale un certain jour de Pâques.  Victoire irréversible!  Ce n’est plus qu’une question de temps, il viendra de nouveau.  Cette vérité-là est la seule qui tienne la route jusqu’au bout, la seule pour laquelle il nous faut tenir et dont notre monde a un urgent besoin. 

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