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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
Billet hebdomadaire

Résolument

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

1 mai 2016

Dans quelques mois, nous mangerons de bons légumes et de bons fruits, frais cueillis de nos jardins. Au printemps, les jardiniers se contentent de mettre en terre des graines de semence mais, grâce à la persévérance de la terre, à la persévérance du soleil et de quelques bonnes pluies, grâce à la persévérance des graines qui ont suivi patiemment le processus de leur germination, nous goûterons au doux plaisir de manger ce que la nature nous offre de meilleur.

Si chacun de nous avait abandonné l’école quand, en première ou en deuxième année, il a subi un échec retentissant (entendons-nous : retentissant pour un enfant de six ou sept ans!), il ne serait pas là aujourd’hui à jongler avec des concepts, à faire des plans, à élaborer des projets.

La persévérance est une loi de la nature. Tout, dans la nature, est marqué par la persévérance. Les grandes valeurs, les nobles réussites, les projets honorables ont derrière eux des gens têtus comme des mules. Ils ne veulent jamais démordre. Ils foncent sans ralentir ni hésiter comme de la machinerie lourde dans une forêt d’épinettes.

Jésus fait partie de ces entêtés. Saint Luc le met en route d’un pas décidé vers Jérusalem. «Il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin vers Jérusalem (9, 51). Il prit résolument!

Pourtant, Jésus aurait bien pu abandonner. Il y avait tellement d’obstacles depuis le séjour au désert où il fut acculé à une décision radicale jusqu’à l’agonie où la coupe s’approche  inexorablement de ses lèvres, jusque devant Pilate pour qui il suffirait d’inventer quelque réponse diplomatique qui le ferait fléchir. Il y a les pharisiens et les sadducéens qui veulent se débarrasser de ce gêneur. Il y a les amateurs de beaux spectacles à la recherche de spectaculaire. Il y a ces militants politiques en quête d’un leader puissant. Passant au milieu de tout ce beau monde, Jésus allait son chemin.

Constant et fidèle comme Dieu. Il continue d’aimer son peuple malgré l’indifférence. Il continue de suivre les clauses de l’alliance même si le peuple ne s’en préoccupe plus. Fidèle comme les saisons. Inébranlable comme un chêne. Tenace comme du chiendent.

Oui, Jésus est pour nous l’image parfaite de Dieu. Le matin de Pâques, sa persévérance est l’aboutissement  d’une longue fidélité à travers une nuit dont on ne croyait pas l’aurore possible. Notre salut dépend de la ténacité de Jésus.

Pour suivre le Christ fidèle et persévérant, il nous faut ajuster notre pas au sien. Devenir à notre tour des êtres de fidélité. Devenir de véritables croyants sur la terre. Jésus ne disait-il pas : «C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.»?

Il nous faut donc demander pour nous la foi. Une foi entêtée comme celle de cette femme qui harcèle le juge égoïste. Une foi pleine de confiance comme celle de nos ancêtres qui marchaient comme s’ils voyaient l’invisible. Une foi forte et constante qui témoigne de la fidélité du Christ et qui annonce la vie de Dieu offerte à tous.

 

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