Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 20e dimanche T.O. (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Celui qui mange ma chair

Venez, la table est mise !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,51-58. 
En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

COMMENTAIRE

Au beau milieu de l’été, nos marchés publics déploient leurs étals remplis des produits magnifiques de la saison. On aime bien y faire provision et en mettre toute la saveur, la variété et l’abondance sur la table.

Comme chacun chez nous au temps des premières récoltes, nous sommes venus à l’église aujourd’hui partager une nourriture cueillie dans le plus beau jardin de notre terre. Nous sommes ensemble en appétit du Christ, désireux de célébrer la Sainte Cène qu’il nous a laissée pour faire mémoire de lui. Une démarche qui se prolonge pour certains dans l’adoration, ou dans l’apport de la communion à quelque proche retenu à la maison par la maladie ou un handicap.

L’invitation du Seigneur nous rejoint de dimanche en dimanche, de jour en jour. Pour y répondre nous laissons nos occupations et nos tâches, nous venons malgré notre indignité et nos pauvretés prendre part à ce que le Seigneur a de meilleur à nous offrir, sa chair à manger, son sang à boire. Lui, le premier-né d’entre les morts, il nous rejoint dans les simples gestes qui commémorent l’offrande de sa vie par amour pour nous.

Nous sommes pauvres de mots pour en parler. L’Eucharistie, c’est le grand mystère de notre foi, qui nous dépasse infiniment. Mystère porteur du plus grand amour, puissant de la vie même de Dieu. Il nous signifie chaque fois la présence réelle de notre Seigneur, devenu dans le mystère de sa Pâque, source intarissable de vie et de paix pour le monde.  L’Eucharistie porte en elle tout l’Évangile.  Sous les dehors les plus humbles et les plus simples et les plus quotidiens, elle traduit pour nous un paradoxe étonnant : la folie de la Croix plus sage que l’homme; la faiblesse de Dieu plus forte que les hommes.

Le pape Jean-Paul II soulignait que l’institution ecclésiale, l’Église, n’avait pas d’autre but que de préserver et transmettre l’institution eucharistique. Une telle affirmation nous étonne peut-être. Elle nous pose de rudes questions : nos vies de croyants et de croyantes sont-elles suffisamment nourries du Mystère de l’Eucharistie ? « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui », dit le Seigneur. 

Pourrions-nous espérer porter du fruit pour le Royaume sans demeurer en Jésus et sans qu’il demeure en nous, sans qu’il nous alimente de sa chair et de son sang ? Approchons-nous donc avec confiance de la table où il se donne gracieusement, amoureusement, pour que, recevant en nous sa vie de ressuscité, nous en devenions les témoins authentiques.

 

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