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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
Billet hebdomadaire

Chemin faisant

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Le 26 avril 2015

Sur les routes de la Galilée, des hommes et des femmes marchent ensemble. À leur tête, Jésus. Chemin faisant, le Maître pose une question à ses disciples : «Pour vous, qui suis-je?» (Marc  8, 29)

Après le départ de ses enfants pour l’école, Mme Arsenault entreprend son travail quotidien : faire les lits, passer la vadrouille, faire le lavage, etc. Depuis quelques temps, elle s’ennuie. Elle se sent médiocre. Le cafard l’accapare souvent. Chemin faisant, Jésus lui pose une question : «Pour vous, qui suis-je?»

Le garçon de Mme Côté est en Secondaire V. Malheureusement, cette année, un de ses professeurs lui est antipathique. Entre eux, les relations sont tendues. De l’agressivité, de l’injustice même. Le jeune rêve de fuir. Il aimerait être malade pour ne pas avoir à se présenter aux cours de ce professeur impossible. Chemin faisant, Jésus lui pose une question : «Pour toi, qui suis-je?»

M. Gauvin commence à avoir de l’âge. Il est fatigué. La maladie rôde autour de lui. La mort lui fait peur. Il est porté au découragement. Tout porte à croire qu’il subit une dépression nerveuse. Chemin faisant, Jésus lui pose une question : «Pour vous, qui suis-je?»

Et vous, Monsieur, qui traversez la rue, et vous, Madame, au rayon des fruits et légumes du Super Marché, et la fille tout près de vous, le garçon que vous voyez de biais. À chacun, dans votre quotidien, chemin faisant, Jésus pose une question : «Pour vous, qui suis-je?»

À la  question, peut-être donnons-nous la bonne réponse. Comme Pierre : «Tu es le Messie.» Mais que voulons-nous dire? Le Messie est-il une fée qui règle les choses d’un coup de baguette magique? Est-il la jardinière d’enfants qui prévoit le danger et protège son petit troupeau? Est-il un faiseur de rêves qui, sous prétexte d’être positif, ferme nos yeux sur les difficultés?

Nous n’avons pas à nous inventer notre Messie. Nous devons l’accueillir comme il se présente. Même si l’horizon n’annonce rien de bon : «Il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes,  qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.» (Marc 8, 31) Voilà la réalité, la  dure réalité.

Ce n’est pas une fatalité. Jésus n’est pas la victime du destin. Il ne se soumet pas à une exigence sadique d’un Dieu pervers. Aucune résignation devant l’avenir sombre qui s’annonce. Il ne reçoit pas la souffrance comme une punition pour les étourderies de l’humanité. Jésus lutte. Il se bat pour libérer les êtres humains de la prison du mal et de la mort. Le mal et la mort nous collent à la peau. Il faut le combat  de toute une vie pour s’en libérer. Pour parvenir au bonheur, on ne ferme pas les yeux sur le malheur. On ne contourne pas le malheur, on ne s’y résigne pas. On le combat.

Jésus a mené cette guerre. Il a gagné. Plus fort que la mort, il est ressuscité. Si Jésus n’avait pas lutté, jamais il n’aurait connu la liberté de Pâques. Jamais non plus nous n’aurions pu goûter au bonheur en sa compagnie «jusqu’à la fin du monde» (Matthieu 28, 20)

«Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive.» (Marc 8, 34) Renoncer à soi-même ne signifie pas se mépriser. Cela veut dire refuser de compter uniquement sur soi. Ici, cela signifie accueillir Jésus comme celui qui conduit à la victoire sur le mal et la mort. Prendre sa croix, c’est-à-dire monter au combat, affronter l’existence. L’appel de Jésus est un cri en faveur du courage et de l’espérance.

Chemin faisant, Jésus marche avec nous. Il établit les stratégies de nos libérations. Il lutte avec nous pour la vie. «Celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Évangile la sauvera.» (Marc 8, 35)

 

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