Méditation chrétienne,

Responsable de la chronique : Nicolas Burle, o.p.
Méditation chrétienne

Le sourire à fleur de rire

Imprimer Par Guy de Larigaudie

Larigaudie 2Auteur : Guy de Larigaudie (1908-1940) fut aventurier, explorateur, journaliste, romancier parce qu’il était profondément scout et profondément chrétien. A sa confidente spirituelle, une carmélite, il écrit cette dernière lettre avant de mourir à la guerre : « Ma Sœur, me voici maintenant au baroud. Peut-être n’en reviendrais-je pas. J’avais de beaux rêves et de beaux projets, mais, n’était la peine immense que cela va faire à ma pauvre maman et aux miens, j’exulte de joie. J’avais tellement la nostalgie du Ciel et voilà que la porte va bientôt s’ouvrir. Le sacrifice de ma vie n’est même pas un sacrifice, tant mon désir du Ciel et de la possession de Dieu est vaste. J’avais rêvé de devenir un saint et d’être un modèle pour les louveteaux, les scouts et les routiers. L’ambition était peut-être trop grande pour ma taille, mais c’était mon rêve. … Il n’est plus maintenant que de courir joyeusement ma dernière aventure. Guy ».

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Il est un bon moyen de se créer une âme amicale : le sourire.

Pas le sourire ironique et moqueur, le sourire en coin de lèvres, qui juge et rapetisse. Mais le sourire large, net, le sourire scout à fleur de rire. Savoir sourire : quelle force ! Force d’apaisement, force de douceur, de calme, force de rayonnement. Un type fait une réflexion sur ton passage… tu es pressé… tu passes… mais souris, souris vastement.

Si ton sourire est franc joyeux, ton type sourira aussi… et l’incident sera clos dans la paix… Essaie.

Tu veux faire à un camarade une critique que tu juges nécessaire, lui donner un conseil que tu crois utile. Critiques, conseils, choses dures à avaler. Mais souris, compense la dureté des mots par l’affection de ton regard, le rire de tes lèvres, par toute ta physionomie joyeuse. Et ta critique, ton conseil porteront mieux… parce qu’ils n’auront pas blessé.

Il est des moments où, devant certaines détresses, les mots ne viennent pas, les paroles consolatrices ne veulent pas sortir… Souris avec tout ton cœur, avec toute ton âme compatissante. Tu as souffert et le sourire muet d’un ami t’a réconforté. Tu ne peux pas ne pas avoir fait cette expérience. Agis de même pour les autres.

Christ quand ton bois sacré me harasse et me déchire, donne-moi quand même la force de faire la charité du sourire.
Car le sourire est une charité.

Souris à ce pauvre à qui tu viens de donner deux sous…, à cette dame à qui tu viens de céder ta place…, à ce monsieur qui s’excuse parce qu’il t’a écrasé le pied en passant. Il est malaisé parfois de trouver le mot juste, l’attitude vraie, le geste approprié.

Mais sourire ! C’est si facile… et cela arrange tant de choses ! Pourquoi ne pas user et abuser de ce moyen si simple? Le sourire est un reflet de joie. Il en est source. Et là où la joie règne – je veux dire la vraie joie, la joie en profondeur et en pureté d’âme – là aussi s’épanouit cette « âme amicale ». Soyons des porteurs de sourires, et par là des semeurs de joie.

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Source : Etoile au grand large (1943)

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