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Responsable de la chronique : Nicolas Burle, o.p.
Méditation chrétienne

Il y a du bon en ce monde

Imprimer Par John Ronald Reuel Tolkien

imagesAuteur : John Ronald Reuel Tolkien est un écrivain, poète, philologue et professeur d’université anglais, né le 3 janvier 1892 et mort le 2 septembre 1973. Fervent catholique, il est à l’origine de la conversion de son C.S. Lewis. Dans une lettre de 1953, il rappelle que sa grande oeuvre, “le Seigneur des anneaux », est « une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; de manière inconsciente dans un premier temps, puis de manière consciente lorsque je l’ai retravaillée”. Par cette histoire, vendue à plus de 150 millions d’exemplaires, Tolkien médite et développe l’idée selon laquelle les grands récits de l’homme, et par excellence la Résurrection, fonctionne sur « l’eu-catastrophe » : une « heureuse catastrophe », un retournement heureux alors que tout était perdu.

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– Il ne nous appartient pas de rassembler toutes les armées du monde, mais de faire ce qui est en nous pour le secours des années dans lesquelles nous sommes placés, déracinant le mal dans les champs que nous connaissons, de sorte que ceux qui vivront après nous puissent avoir une terre propre à cultiver. Ce n’est pas à nous de régler le temps qu’ils auront.

Loin au-dessus de l’Ephel Duath à l’ouest, le ciel nocturne était encore terne et pâle. Là, Sam vit, pointant au milieu des nuages légers qui dominaient un sombre pic haut dans les montagnes, une étoile blanche et scintillante. Sa beauté lui poignit le cœur, tandis qu’il la contemplait dans ce pays abandonné, et l’espoir lui revint. Car, tel un trait, net et froid, la pensée le transperça qu’en fin de compte l’ombre n’était qu’une petite chose transitoire : il y avait à jamais hors de son atteinte de la lumière et une grande beauté.

– C’est comme dans les grandes histoires, Monsieur Frodon. Celles qui importaient vraiment, celles où il y avait danger et ténèbres. Parfois on voulait pas connaître la fin car elle pouvait pas être heureuse, comment le monde pouvait redevenir comme il était avant avec tout le mal qui s’y était passé ? Et en fin de compte, elle ne fait que passer cette ombre, même les ténèbres doivent passer. Un nouveau jour viendra et lorsque le soleil brillera, il n’en sera que plus éclatant. C’était ces histoires dont on se souvenait, qui signifiaient tellement, même lorsqu’on était trop petit pour comprendre. Mais je crois, Monsieur Frodon, que je comprends, je sais maintenant, que les personnages de ces histoires avait trente-six fois l’occasion de se retourner mais ne le faisaient pas. Ils continuaient leur route, parce qu’ils avaient foi en quelque chose.

– En quoi avons-nous foi, Sam ?

– Il y a du bon en ce monde, Monsieur Frodon, il faut se battre pour cela.

 

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