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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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À l’ombre de la croix

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Le 18 janvier 2015

Depuis quelques années, la situation du mariage et de la famille s’est détériorée. Les alliances sont devenues fragiles. Beaucoup de couples vivent des tragédies. Le temps des fêtes aux premiers jours de l’hiver fait ressortir davantage les difficultés que traversent bon nombre de foyers. Que d’enfants, cette année, n’ont pu fêter avec leurs deux parents. Que de femmes ont pleuré l’absence d’un mari qui a abandonné le projet conjugal.

Curieusement, malgré les nombreux désastres familiaux, des garçons et des filles trouvent dans le mariage, qu’il soit religieux ou non, un projet qui deviendra leur bonheur. Des naïfs? Oui, pour certains. Non, pour d’autres. Des gens très sérieux se présentent au mariage. Ils ont bien réfléchi à l’engagement qu’ils veulent prendre. Ils osent.

Ces fiancés sont persuadés que toute entreprise qui a de la consistance, tout projet le moindrement sérieux, tout engagement de valeur a ses jours de joie et ses périodes de tristesse, ses bonheurs et ses malheurs, ses temps faciles et ses temps pénibles, ses moments de paix tranquille et ses heures de conquête. Si le mariage et la famille étaient des valeurs insignifiantes, ils seraient disparus depuis longtemps. Personne ne se mettrait en frais de tenter l’aventure.

Nous ne sommes pas les premières générations à subir les hauts et les bas de la vie de couples. Les gens qui nous précèdent n’ont pas toujours connu la vie en rose et les bonheurs faciles.

Même la vie de Jésus a traversé des périodes douloureuses. Lors de la présentation du gamin au Temple de Jérusalem, le prophète a servi aux parents de Jésus le portrait de famille qui les attendait. Il  a annoncé non seulement des lumières mais aussi des ombres, des jours sombres. Le fils sera une cause de division. Il en fera tomber plusieurs. Il sera un enfant dérangeant. Sa mère sera blessée jusque dans son cœur, jusque dans son amour.

À travers Marie, toutes les mères et tous les pères sont frappés par la venue de Jésus, ce messie qui ne ressemble pas à celui qu’on attendait, comme le mariage de Marie et de Joseph ne ressemble pas à ce qu’on en rêvait. Dès la naissance de Jésus, la croix fait partie du décor. Elle fait de l’ombre. Mais à cause de Pâques, elle projette aussi de la lumière. Elle fait de la famille de Jésus un projet de bonheur.

Dans la vie d’un couple, dans la vie d’une famille, la croix peut transformer le regard que l’on porte sur l’épreuve, elle peut transfigurer la vie, la rendre pascale.

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