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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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La pierre

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Dans la très longue histoire de l’humanité, aucun personnage n’est parvenu à déranger autant que Jésus Christ. Depuis plus de vingt siècles, des milliards d’hommes et de femmes rencontrent l’homme de Nazareth. Devant lui, ils ne peuvent demeurer indifférents : ils l’accueillent ou ils le refusent.

Un peu comme une pierre qui se trouve sur mon chemin. Je dois en faire le tour, l’enjamber ou la rouler sur le bord de la route. Je peux aussi la ramasser, m’en servir pour bâtir une maison. Elle peut même devenir la pierre angulaire, la pierre fondamentale d’un édifice.

Les pharisiens, au temps de Jésus, se sont trouvés en face de cet homme exceptionnel. Ils ont été dérangés par lui. Ils ont réagi à la manière des vignerons de la parabole (Matthieu 21, 22-43). Ils n’ont pas accepté Jésus. Dans ses prises de parole comme dans les gestes qu’il posait, Jésus brassait les pharisiens. Il brisait l’image qu’ils se faisaient d’eux-mêmes. Il bousculait leur conception de Dieu et de la religion. Il ébranlait leurs sécurités. Il constituait un obstacle à leurs projets. Pour tout cela, les pharisiens ont rejeté Jésus comme on se débarrasse d’une pierre qui encombre la route.

Les disciples, au contraire, ont accueilli Jésus. Ils lui ont même donné la première place. Ils ont reconnu en lui le libérateur que tout le peuple de Dieu attendait depuis de nombreux siècles. Leur rencontre du Seigneur a bouleversé leur vie. A bouleversé leur mort aussi. En lui, ils ont cru que le mal ne pouvait pas avoir le dernier mot. À cause de lui, la mort est devenue passage, libération, salut.

Pour les chrétiens et les chrétiennes, l’espérance est bien autre chose qu’un soupir vers des rêves perdus. L’espérance est la certitude que Dieu est généreuse miséricorde. Si loin que nous nous tenions, il vient à nous. Il nous rejoint pour nous offrir la liberté à la place d’un monde clos sur lui-même. Il nous rejoint pour nous donner la vie au delà de la mort. Il nous rejoint pour nous offrir une route, un sens à la place de l’absurdité. Il nous rejoint pour nous dévoiler le visage de Dieu.

Dans la vie d’un croyant, d’une croyante, Jésus est la pierre angulaire. Sans lui, la foi craque, s’effrite. Elle n’a plus sa raison d’être. C’est par lui, avec lui et en lui que nous accédons à la vigne de Dieu. C’est avec lui que notre travail, nos amours, nos espérances, nos projets produisent du fruit pour notre bonheur et pour la joie de Dieu.

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