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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Une longue quête

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Depuis 2000 ans, Jésus de Nazareth traverse l’histoire en dominant l’actualité. L’humble fils de Marie arrive en tête des plus grandes personnalités. Croyants et incroyants ont perçu le personnage ou l’ont représenté sous différents angles. Une longue liste d’images, les unes en fidélité à l’Évangile, d’autres, plusieurs autres, plus ou moins en contradiction.

Les uns lui ont donné des allures de grand seigneur. Jésus se promènerait dans son domaine, inspectant et admirant sa propriété. Sur son passage, des serfs, des vassaux, des serviteurs courbés d’admiration et de respect. Le Christ apparaît alors comme un être distant, un maître que l’on craint plus qu’on aime.

On a présenté Jésus en superstar. Une vedette à la manière de Michael Jakson. Affublé de costumes extravagants, entourés de fans excités. Le pur produit des adeptes des drogues douces.

On a vu en Jésus le révolutionnaire. Le poing en l’air pour changer la société, le contestataire de l’ordre établi. Certains l’ont reconnu à côté de Lénine et de Che Guevara, le drapeau rouge à la main. Pour faire toute justice, jusqu’à la violence s’il le faut.

D’autres vont moins loin. Opposé au monde concret, Jésus serait un drop out, décroché de la réalité, fuyant un monde qui ne mérite aucune attention. Plusieurs croient en cet homme qui voudrait bâtir un univers basé sur l’amour plutôt que sur la consommation et l’exploitation.

Certains demandent à Jésus d’être le guérisseur, le médecin des âmes et des corps. Ses méthodes : les miracles. Beaucoup passent leur temps à quémander de la santé, du succès dans leurs entreprises. Ils font appel à lui quand ils ne peuvent rien faire eux-mêmes. C’est leur bien-être social.

Il y a aussi le Jésus folklorique. Le petit Jésus, comme on dit. Celui que l’on fabriquait en cire autrefois avec un art consommé. Entre le bœuf et l’âne gris, il attendrit les enfants, mais il n’attire plus personne quand les enfants ont grandi.

Nous pourrions poursuivre le visionnement des représentations de Jésus à travers les siècles. On découvrirait du bon et du moins bon. Beaucoup de moins bon. Assez de bon pour nous laisser interpeler par la question de Jésus : «Pour vous, qui suis-je?»

La réponse à la question de Jésus ne se trouve pas d’abord dans nos catéchismes ou nos bouquins de théologie. Elle se laisse deviner en ceux et celles qui ont choisi de se mettre à l’écoute. À l’écoute de la vie, dans nos grands et nos petits bonheurs. À l’écoute aussi des chercheurs, les humbles comme les brillants qui s’entêtent à vouloir suivre le Seigneur.

Le Christ n’est pas une invention. On ne le façonne pas comme le potier fabrique sa poterie. On le reçoit. C’est lui qui se révèle. Il se laisse deviner dans les réponses partielles que nous tentons d’élaborer. Dans la mesure où nous acceptons de ne pas nous enfermer dans les miettes que sont nos réponses. Le Christ est avant tout une quête, une longue et inépuisable quête.

 

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