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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Les funérailles et le secret d’une vie

Imprimer Par Yves Bériault, o.p.

Ce qui me touche toujours lorsque je dois préparer des funérailles, c’est la rencontre avec les proches de la personne décédée. J’ai le privilège alors d’entrer dans le secret d’une vie, une vie qui m’était inconnue, souvent une vie humble et cachée et qui, soudainement, est dévoilée à tous à l’occasion du décès.

À chaque fois, je suis surpris et ému par tout ce que peut receler une vie humaine quand elle est regardée de près par les personnes qui la connaissaient et l’aimaient. En fouillant dans les replis secrets de cette vie, l’on découvre des trésors impressionnants de bonté, d’amour et de générosité, de passions et de soucis des autres, trésors parfois à peine connus de certains proches. C’est tout cela qui est mis à jour lors du grand passage! Au deuil et aux larmes, se mêle alors une profonde reconnaissance pour tout ce qu’a été la personne décédée. Comme me disait une dame âgée suite à la mort de son époux : « Comme il nous a aimés! »

Bien sûr, les funérailles sont avant tout le lieu où l’on proclame la victoire du Christ sur la mort, la réalisation définitive de cette promesse de Dieu, qui est mise dans la bouche du prophète Isaïe, et qui annonçait la fin de notre humiliation et le retrait définitif de ce voile de deuil qui nous enveloppe le cœur dès notre naissance.

Mais les funérailles sont aussi l’occasion de faire mémoire de la personne qui nous a laissés, une occasion unique de contempler l’action secrète de Dieu dans sa vie et d’en rendre grâce. C’est ainsi que nous apprivoisons la douleur et la mort, et que s’ouvre à l’espérance le coeur de ceux et de celles qui pleurent, en attendant les grandes retrouvailles dans l’éternité de Dieu. Oui, c’est une grâce pour moi que d’être le témoin de ce grand mystère qui se joue à chaque fois devant moi.

Une réflexion au sujet de « Les funérailles et le secret d’une vie »

  1. Hélène Savignac

    Merci Yves pour ce texte. Je réalise à quel point mon père a été important dans ma vie, beaucoup plus que je ne le croyais. Pourtant, il a été si secret! Mais il était là et sa seule présence m’enseignait la vie. J’ai eu le bonheur de l’accompagner dans sa maladie et je lui écrivais des bouts de paroles de Dieu dans des lettres que je lui envoyais, lui qui se disait incroyant. J’ose espérer que ces mots l’ont préparé peu à peu à ce grand face-à-face avec Dieu, qui s’est produit le 6 décembre dernier, vers 10h40 du matin. Il est parti en douceur, sans grande douleur (il était médicamenté), en arrêtant tout simplement de respirer. Puisse son âme reposer en paix!

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