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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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La croix à l’Assemblée nationale

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Dans le débat à propos de la charte des valeurs québécoises, il est souvent question de la présence du crucifix à l’Assemblée nationale. Malgré qu’il soit un signe religieux, et même le symbole principal du christianisme, il serait accepté comme faisant partie du patrimoine du Québec.

Québécoises et Québécois ne font pas l’unanimité sur ce point du projet de loi. Bien des non chrétiens considèrent que c’est accorder un statut particulier à une religion plus que les autres. D’autant plus que le catholicisme a occupé une place démesurée, selon eux, dans l’histoire du Québec.

D’autres, et parmi eux bon nombre de chrétiens, applaudissent. Ils voient là une reconnaissance de l’immense travail de l’Église dans l’édification de la société québécoise. Le christianisme  fait partie de notre histoire. Il appartient à notre patrimoine. La croix continuerait de veiller sur les délibérations de nos députés. Elle évoquerait une période florissante de la foi en Amérique francophone.

Par contre, classer la croix comme objet patrimonial, n’est-ce pas laisser entendre qu’elle appartient au passé, qu’elle n’est tout au plus qu’un artefact à exposer dans un musée? N’est-ce pas nier la pertinence de la croix dans la vie de l’Église et des croyants d’aujourd’hui? N’est-ce pas ignorer l’actualité du Christ, de sa mort et de sa résurrection? Si noble sera l’endroit où trônera le crucifix, celui-ci demeurera toujours une folie pour les non croyants, un scandale pour d’autres, et la puissance et la sagesse de Dieu pour les croyants (Cf. 2 Corinthiens 1, 23).

Nous ne pouvons pas exiger des non chrétiens qu’ils adoptent le regard que nous portons sur le crucifix. Mais, comme chrétiens, pouvons-nous accepter le regard subtilement réducteur et biaisé que semble annoncer le projet de loi sur les valeurs québécoises?

Une réflexion au sujet de « La croix à l’Assemblée nationale »

  1. Andrée Leblanc

    Personnellement, je crois que cette croix a toujours sa place au coeur des débats qui font notre société. Comme vous le dites dans votre texte, tous ne sont pas d’accord. Mais dans le fond, lorsqu’on y pense, peu importe pourquoi on le laisse toujours trôner à sa place, peu importe le regard qu’on y porte, il restera un objet de questionnement. Il renvoie à la qualité de nos vies, de nos sociétés, de nos réflexions communautaires. Qu’il ne soit vu que comme un artéfact, un objet de curiosité ou même un objet de division, il fera toujours référence à cet homme historique que l’on appelait autrefois Jésus le Messie ou Christ qui changea le cours de bien des existences et qui peut, malgré le fait qu’on s’emploie à le vider de son sens, appeler à l’Amour et convertir, aujourd’hui comme hier, d’un simple regard sur cette folie. Croyons-nous sincèrement que l' »objet » d’origine ait suscité plus de respect? La foi ne s’enfante souvent, sinon toujours, que dans la douleur.

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