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Avec tous mes respects

Imprimer Par Denis Gagnon

Madame,
Depuis quelques jours, des photos de votre fils inondent les médias d’un bout à l’autre de la planète. Et cet étalage gigantesque n’a pas pour but de l’honorer. Bien au contraire. Votre enfant a commis un meurtre d’une monstruosité inimaginable. À moins d’être déséquilibré, personne n’approuve ce geste. Et tout le monde respire de soulagement depuis son arrestation.

Je pense à vous. Je ne sais pas votre nom. Je ne connais pas votre adresse. Probablement que vous n’avez pas donné d’entrevue ni participé à des conférences de presse. Et je vous comprends.

Dans quel état vous trouvez-vous? Je vous imagine profondément bouleversée. Le reste de la planète l’est déjà, à plus forte raison vous-même. Mais votre bouleversement est bien particulier, c’est votre fils. Je pense et j’ai toujours pensé qu’une mère ne peut pas ne pas aimer son enfant, quelle que soit sa conduite. L’amour d’une mère peut parfois être l’unique remède qui guérisse un enfant de ses fredaines. Continuez d’aimer votre garçon sans entretenir de remords.

Votre garçon est un adulte. Il est entièrement propriétaire des gestes qu’il pose. Si vous pouvez être fière des bons coups qu’il a pu réaliser, vous n’avez pas à vous sentir coupable de quoi que ce soit dans cette histoire sordide. Ne laissez pas la honte vous paralyser.

Peut-être vous demandez-vous : qu’est-ce que j’ai fait ou n’ai pas fait qui a pu provoquer un tel dérangement chez mon enfant? Ne vous arrêtez pas à une telle question. Elle est sans réponse. Même les plus brillantes éducations ne garantissent pas les meilleures réussites. Les parents élèvent leurs enfants du mieux qu’ils peuvent. Ils ne doivent pas oublier que les enfants sont façonnés aussi – et souvent surtout – par les gens qu’ils fréquentent en dehors de la maison familiale: les professeurs, les responsables des mouvements de jeunesse, les amis, le voisinage, les médias, etc.

J’espère que vous êtes soutenue dans cette terrible affaire. Que de vrais amis vous entourent. Nous sommes peut-être plus nombreux qu’il ne paraît à penser à vous, à partager votre douleur, et à souhaiter que vous puissiez vivre des jours meilleurs.

Avec tous mes respects.

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