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L’humble servante

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« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! »

« L’âme » de Marie magnifie d’abord le Seigneur et « son esprit » ensuite exulte en Dieu. De fait, si nous n’avons pas d’abord grandi, nous ne pouvons pas exulter.

« Parce que, dit-elle, il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante. » Mais où est cette humilité que le Seigneur a regardée en Marie? Qu’avait donc d’humble et d’abject la mère du Sauveur qui portait le Fils de Dieu en son sein? Ces paroles: « Il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante », équivalent à celles-ci : « il a jeté les yeux » sur la justice de sa servante, « il a jeté les yeux » sur sa tempérance, « il a jeté les yeux » sur sa force et sa sagesse. De fait il est normal que Dieu porte son regard sur les vertus et l’on me dira : je comprends bien que Dieu regarde la justice et la sagesse de sa servante, mais je ne vois pas très bien comment il peut prêter attention à son humilité. Celui qui cherche la solution de cette difficulté, remarquera que précisément dans l’Écriture l’humilité est considérée comme une des vertus.

Le Sauveur l’affirme : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur ; et vous trouverez le repos de vos âmes. » Si vous voulez connaître le nom de cette vertu et savoir comment l’appellent les philosophes, sachez que la vertu d’humilité que Dieu considère est celle même que les sages appellent atyphía ou metriótês, « absence d’orgueil » ou « modestie ». Mais nous pouvons la définir en une périphrase: c’est l’état d’un homme qui ne s’enfle pas, mais s’abaisse lui-même. S’enfler d’orgueil, selon l’Apôtre, c’est « tomber sous la condamnation du diable » qui, précisément, a commencé par l’enflure de l’orgueil; et de la superbe ; voici la citation : « Afin que, n’étant pas bouffi d’orgueil, il ne tombe pas sous la condamnation du diable. » « Il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante. » Dieu m’a regardée, dit-elle, parce que je suis humble et cherche la douceur et l’abjection.

« Voici que désormais toutes les générations m’appelleront bienheureuse. » Si je comprend l’expression « toutes les générations » selon le sens le plus simple, je l’interprète des croyants. Mais si je scrute ce verset plus profondément, je m’aperçois qu’il est préférable d’ajouter « car le Tout-puissant a fait pour moi de grandes choses ». Puisque «tout homme qui s’humilie sera exalté », Dieu a jeté les yeux sur l’humilité de la bienheureuse Marie, c’est pourquoi « le Tout-puissant, dont le nom est saint, a accompli pour elle de grandes choses ».

« Et sa miséricorde s’étend de génération en génération. » Ce n’est pas sur une, deux, trois ni même cinq générations que s’étend « la miséricorde » de Dieu mais éternellement, « de génération en génération ». « Pour ceux qui le craignent, il a déployé la puissance de son bras. » Malgré ta faiblesse, si tu approches du Seigneur dans la crainte, tu pourras entendre sa promesse en réponse à ta crainte.»

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