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Silence…

Imprimer Par Denis Gagnon

Les chrétiens et les chrétiennes vivent une semaine sainte. Pendant quelques jours, ils commémorent la mort et la résurrection du Christ par de solennelles célébrations. Des célébrations empreintes de recueillement.

La parole tient beaucoup de place dans ces jours de grâce. Surtout la Parole de Dieu. Les longs récits de l’arrestation de Jésus, de ses procès, de sa condamnation et de son exécution occupent le devant de la scène. Son repas d’adieux est rappelé à la mémoire le jeudi saint. La semaine culmine dans la longue veillée pascale – si possible dans la nuit de samedi à dimanche – où les fidèles font veiller leur foi en compagnie de milliers de croyants qui les ont précédés et qui sont évoqués dans cette sainte nuit.

Le silence est à l’honneur durant cette semaine. C’est de lui que la Parole est venue à Bethléem. Elle a pris chair humaine en surgissant du silence du Père. Du silence, comme toute vraie parole : «La parole est sortie du silence, de la plénitude du silence. Cette plénitude aurait explosé de soi-même si elle n’avait pu s’écouler dans la parole. » (Max Picard, Le monde du silence, traduit de l’allemand par J.-J. Anstett, Paris, P.U.F., 1954, page 8)

Voici que la Parole retourne au silence : «Je monte vers mon Père et votre Père.» (Jean 20, 17) Mais elle continue de résonner depuis 2000 ans. Son écho rejoint nos propres silences. Elle renaît dans les cœurs attentifs, à l’écoute. Dans les cœurs qui se tiennent en retrait pour ne pas étouffer le murmure du Christ qui s’abandonne, se remet entre les mains de Dieu.

«Le silence recommandé ici par la liturgie n’est donc pas facultatif. Il nous permet de respecter notre vis-à-vis divin, il nous interdit de juger la Parole entendue mais permet, au contraire, à la Parole de nous juger. Il interdit que nous nous précipitions sur la Parole pour vouloir tout de suite expliquer et répondre. Il permet que la Parole entendue soit `à longue portée’. Dans le silence, nous restons `sans voix’ pour que le marteau de la Parole ait le temps de faire jaillir en nous une source inépuisable.» (Dieudonné Dufrasne, L’Eucharistie, mystère de la rencontre, collection “Goûtez & voyez”, Paris, Mame/Éditions du Moustier, 1991, page 56)

Malgré le travail et les occupations, malgré les intérêts et les préoccupations, saurai-je me taire pendant ces jours bénis? Laisserai-je le silence faire habiter la Parole au plus intime de moi-même?

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