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Les riches pâturages

Imprimer Par Augustin

« Je ferai sortir mes brebis des pays étrangers, je les rassemblerai et je les ramènerai chez elles je les mènerai paître sur les montagnes d’Israël. » Il appelle « montagnes d’lsraël » les auteurs des saintes Écritures. C’est là qu’il faut paître, si vous voulez le faire en sécurité. Tout ce que vous apprenez là, savourez-le ; tout ce qui est en dehors, rejetez-le. Ne vous égarez pas dans le brouillard, écoutez la voix du berger. Rassemblez-vous sur les montagnes de la sainte Écriture. Vous trouverez là les délices de votre cœur ; là il n’y a rien de vénéneux, rien de dangereux ; ce sont de riches pâturages. Venez, mais vous seulement qui êtes des brebis bien portantes, pour aller paître sur les montagnes d’Israël.

« Dans les rivières, dans les endroits les meilleurs. » De ces montagnes que nous venons de montrer, ont découlé les rivières de la prédication évangélique, puisque « sa parole a retenti jusqu’au bout du monde » et que tous les endroits de la terre offrent aux brebis des pâturages agréables et abondants.

« Je les ferai paître dans un bon pâturage, et sur les hauteurs d’Israël. » Et leurs étables seront là, c’est-à-dire là où elles vont se reposer, où elles pourront dire : « C’est vrai, c’est évident, nous ne sommes pas dans l’erreur. » Elles se reposent dans la gloire de Dieu, comme dans ces étables. « Là elles dormiront », c’est-à-dire : elles se reposeront, « elles se reposeront dans les délices. »

« Elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d’Israël. » J’ai déjà parlé de ces montagnes d’Israël, ces bonnes « montagnes », vers lesquelles nous levons les yeux, pour que le secours nous vienne de là. Mais « notre secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. » Aussi, pour que notre espérance ne s’attache pas à ces bonnes montagnes, après avoir dit : « Je ferai paître mes brebis sur les monts d’Israël », pour que tu ne demeures pas sur les montagnes, il ajoute aussitôt : « C’est moi qui ferai paître mes brebis. » Lève les yeux vers les montagnes, d’où te viendra le secours, mais écoute celui qui dit : « Moi, je ferai paître. Car ton secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. »

Il conclut ainsi : « Je les ferai paître avec justice. » Tu vois qu’il est le seul à faire paître ainsi, le seul qui fasse paître avec justice. Quel est l’homme qui peut juger l’homme ? On fait partout des jugements téméraires. Celui dont nous désespérions se convertit tout à coup, et devient excellent. Celui dont nous attendions beaucoup tombe brusquement et devient très mauvais. Ni notre crainte n’est assurée, ni notre amour n’est assuré.

Ce qu’est aujourd’hui n’importe quel homme, cet homme-là lui-même ne le sait guère. Cependant il le sait un peu aujourd’hui. Ce qu’il sera demain, lui-même ne le sait pas. Donc, le bon pasteur fait paître avec justice, il distribue à chacun ce qui lui revient : ceci aux uns, cela aux autres, à chacun ce qui lui est dû, que ce soit ceci ou cela. Car il sait ce qu’il fait. Il fait paître avec justice, lui qui a racheté ceux qu’il a jugés. C’est donc bien lui qui fait paître avec justice.

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