Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

Marie Mère de Dieu. Année B.

Imprimer Par François-Dominique Charles

Que le Seigneur te bénisse, te garde et te donne la paix !

Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire.
Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

COMMENTAIRE

En ce premier jour de la nouvelle année civile, comme en chacun des 364 jours qui vont suivre, nous sommes dans « la plénitude du temps ». Parce que nous vivons trop au jour le jour, nous voyons les jours qui se succèdent les uns après les autres. Les années se suivent. Nous naissons, nous grandissons, nous vieillissons, nous mourons. Nous vivons dans la durée. Dieu, lui, ne vit pas dans le temps : « ses années ne finissent pas » (Ps 102,28), et pour lui « mille ans sont comme un jour » (Ps 90,4 cité en 2P 3,8).

Dieu vit hors du temps, mais à un moment de notre temps, Il est entré dans le temps : en Jésus Christ, il est né, il a grandi, il a vieilli, il est mort. C’est cela que Paul dit dans l’épître aux Galates : « Lorsque les temps furent accomplis », plus exactement, « quand vint la plénitude du temps », « Dieu a envoyé son Fils né d’une femme, pour faire de nous des fils. » Aujourd’hui, il est bon de contempler le mystère de Noël de ce point de vue. Pour venir partager notre condition humaine et nous rencontrer, Dieu qui est éternel vient naître pour entrer dans le temps et devenir temporel. Le temps qui passe accueille le Dieu qui ne passe pas.

En ce premier jour de l’année, souvenons-nous que chaque jour est important car Dieu est désormais Emmanuel, il est venu et il vient pour être « avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20). Le temps est donc une condition pour que nous puissions rencontrer Dieu véritablement. Oui, il nous faut du temps pour que nous puissions faire la connaissance de Dieu dans nos vies. Il a fallu 30 années à Marie pour découvrir peu à peu qui était ce Fils : « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. »

Chaque jour de cette nouvelle année nous est donné pour méditer dans notre cœur le grand mystère de la naissance de Dieu en notre monde. En chacune de nos existences, Dieu a choisi de venir naître. Le mystérieux projet de Dieu est d’habiter en chacun de nous pour faire, des êtres mortels que nous sommes, des hommes destinés à la vie éternelle, à la communion avec Celui qui est hors du temps. Dieu veut faire de nous des fils… Avec la naissance de Jésus, Dieu s’est fait notre frère. Nous sommes entrés avec Jésus dans la famille divine. En envoyant son Fils dans le monde, en lui demandant de prendre chair, de devenir homme, Dieu nous a adoptés. Le temps est donc à sa plénitude avec la naissance de Dieu chez les hommes. Le temps devient une chance offerte pour rencontrer l’Éternel.

Dieu a mis en nos cœurs « l’Esprit de son Fils qui, en nous-mêmes, l’appelle Abba, Père » ! Quel grand mystère ! Aujourd’hui, nous fêtons la maternité divine de Marie. En accueillant la bonne nouvelle de l’ange, elle est devenue celle qui a enfanté le Fils de Dieu. Elle a donné le jour dans le temps à Celui qui est le Vivant de toute éternité. Nous ne sommes plus de simples créatures de Dieu, nous sommes des enfants de Dieu, des frères du Fils de Dieu. « Nous ne sommes plus esclaves mais fils ; nous sommes devenus héritiers par Dieu. » En fêtant en ce jour Marie comme « Mère de Dieu », nous fêtons notre adoption par Dieu qui est devenu « notre propre Père ». Ce mystère inouï dépasse tout ce qu’on peut imaginer : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » a écrit saint Athanase d’Alexandrie, un père de l’Église du 4e siècle. Le passage du livre des Nombres est donc bien choisi en ce jour où nous échangeons des vœux : Oui, le Seigneur nous bénit et nous fait grâce dans la naissance mystérieuse de son Fils ; il fait briller sur nous son visage, il se penche vers nous et nous donne sa Paix.

En ce jour, nous fêtons Marie, la Maman de Jésus, qui est au cœur du plus grand mystère que notre monde a vécu en accueillant le Seigneur de l’univers dans notre humanité. En disant « Qu’il me soit fait selon ta parole ! », Marie a ouvert, à travers ses entrailles, un chemin pour Dieu vers nous tous. « Réjouis-toi, comblée de grâce » avait dit l’ange. C’est le chant qui convient en ces jours de joie et d’action de grâce. « Gaude, Dei genitrix ! » : reprenons ce chant très ancien de notre tradition latine :

Réjouissez-vous, Mère de Dieu, Vierge immaculée ;
Réjouissez-vous, qui avez reçu de l’Ange la joie ;
Réjouissez-vous, qui avez engendré de l’éternelle lumière la clarté ;
Réjouissez-vous, Mère,
Réjouissez-vous, sainte Mère de Dieu et Vierge !
Vous seule êtes mère, quoique sans époux.
Toute créature se réjouit en vous, Mère de la lumière.
Soyez pour nous, nous vous en supplions, une perpétuelle avocate.

Dans la formulation de nos vœux, n’hésitons pas à reprendre la bénédiction du livre des Nombres (1ère lecture) que saint François d’Assise adressait à ses frères au 13e siècle ainsi : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage et t’accorde sa grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage et te donne la paix ! »

Frère François-Dominique CHARLES, o.p.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Parole et vie

Les autres chroniques du mois