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À tout péché miséricorde!

Imprimer Par Denis Gagnon

«On parle souvent du péché dans les liturgies catholiques. » La remarque venait de Victor lors d’une rencontre à la sortie d’une messe.

Le jeune homme n’avait pas tort complètement. La messe commence presque toujours en «reconnaissant que nous sommes pécheurs». Le rite que nous appelons «la préparation pénitentielle» se termine ainsi: «Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde, qu’il nous pardonne nos péchés…» Nous plongeons rapidement dans l’eau froide sans prendre le temps de respirer la joie de nous retrouver en assemblée!

Ce rite étant fait, nous pourrions tourner la page et nous engager dans la louange et la reconnaissance, le cœur léger. Mais non. Un peu, tout au long de la célébration, le péché est saupoudré ici et là : dans les lectures, les prières, les chants…

C’est particulièrement insistant au moment de la communion. «Pardonne-nous nos offenses, demande le Notre Père, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… mais délivre-nous du Mal.» Puis, on développe : «Délivre-nous de tout mal… libère-nous du péché… »

Nous pourrions nous arrêter là et concentrer notre attention sur le pain et la coupe que nous allons partager mais la prière pour la paix insiste : «Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Église…» «Bonne idée, me dit Victor, que la liturgie pourrait mettre en pratique.»

Puis, on fait appel à l’Agneau de Dieu, «qui enlève le péché du monde». Enfin : «Je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et nous serons guéris.» «Cette dernière parole avant de communier, dit Victor, ne risque-t-elle pas de nous concentrer sur nous-mêmes au lieu de nous centrer sur le Christ et nos frères et sœurs qui forment le Corps du Christ?

C’est beaucoup d’allusions. Victor ajoute : «On dirait que le péché reste collé au fond de la casserole. On ne réussit pas à s’en débarrasser, comme des restants de spiritualité pessimiste.»

Peut-être que Victor voit juste. Mais… la liturgie ne se trompe pas pour autant. Le Christ a versé son sang «en rémission des péchés», comme le dit la prière eucharistique en s’inspirant de l’évangile de Matthieu (26, 28). L’eucharistie est la fête de la victoire du Christ sur le mal. Dans cette victoire, nous sommes pardonnés de nos égarements une fois pour toutes.

Le péché, tout péché même, est péché pardonné dans la Pâque du Christ. Dieu vient au-devant de nous comme le père du prodigue a pardonné la fugue de son enfant. Probablement dès le départ du délinquant. Au retour, il a cédé à la fête sans aucune condition préalable.

Nous parlons du péché non pas pour nourrir notre culpabilité, mais plutôt pour reconnaître la compassion de Dieu à notre endroit. Nous évoquons le péché avec enthousiasme parce que nous évoquons du même coup la grande miséricorde de Dieu qui s’empresse de nous guérir.

À tout péché, miséricorde, dit le dicton!

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