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Dieu s’approche avec respect…

Imprimer Par Père Jean-Joseph Lataste

Le Père Lataste est né à Cadillac sur Garonne (Gironde), le 5 septembre 1832. Très jeune, il se sent appelé au sacerdoce. Après beaucoup d’hésitations, et un combat profond, il entre en 1857 dans l’Ordre Dominicain. En 1864, il est envoyé prêcher une retraite aux détenues de la prison de Cadillac où il découvrit en elles les merveilleux effets de la grâce, et, en certaines, un réel appel à se donner à Dieu dans une vie consacrée. C’est dans cette prison, devant l’Eucharistie, qu’il reçut l’inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse, où toutes les Sœurs, quel que soit leur passé, seraient unies dans un même amour et une même consécration. « Le Pape a autorisé la béatification d’un dominicain français du XIXè siècle, Jean-Joseph LATASTE (1832-1869). Ce prêtre avait fondé en 1866 l’ordre des Sœurs Dominicaines de Béthanie, qui a pour vocation d’accueillir des femmes à leur sortie de prison et de leur permettre de devenir religieuses, sans distinction entre elles et les autres sœurs. »( cf Zenit 28 juin 2011).

« Voici la conduite en apparence inexplicable de Dieu vis-à-vis des âmes tombées. Quand une âme est tombée, aux yeux des hommes c’est fini. Ils la relégueront au fond d’une prison si son crime était prévu par le code pénal, au fond de sa demeure si elle est à l’abri des lois. Mais quoi qu’elle fasse désormais, c’en est fait d’elle. Ceux qui ont connu sa faute, quoi qu’elle fasse, ne la lui pardonneront pas davantage, les plus indulgents n’auront pour elles que de la pitié et des pitiés qui entrent dans l’âme comme la lame d’un poignard, car le monde n’oublie jamais les fautes commises et le pardon qui ne sait pas oublier n’est pas un pardon. Ainsi font les hommes, eux qui pourtant ont tous dans quelque repli de leur âme, des choses qui demandent l’oubli et qui ont besoin d’être pardonnées ».

« Chose étrange ! et Dieu, Dieu la pureté même, Dieu n’est pas ainsi. Si bas que soit tombée une âme, il l’aime encore ; il l’estime encore assez pour priser son amour et le lui demander, le lui réclamer instamment. Ah ! que lui font toutes les souillures dont elle est chargée, cette âme est encore susceptible d’amour, il lui suffit pour qu’il la poursuive de ses instances ; que dis-je ? Plus elle est tombée bas, plus elle est dédaignée et délaissée des hommes, plus elle doit avoir besoin d’un frère et d’un ami qui lui tende la main, plus il y a lieu de croire qu’elle se rendra enfin, vaincue par tant d’insistance de la part d’un Dieu, alors que les hommes ne veulent plus d’elle et c’est pourquoi Dieu redoublera ses poursuites et ses sollicitations intérieures, bien plus, cette âme n’est tombée si bas souvent que parce qu’elle avait vers le bien de puissantes aspirations et qu’elle n’avait jamais su, jamais appris que c’est Dieu et lui seul qui les pouvait satisfaire. Au milieu du tumulte de sa vie, Dieu ne pouvait pas se faire entendre d’elle. Voici venu le moment où, délaissée de tous, dans le silence et dans l’isolement forcés où les hommes la laissent, il va pouvoir lui parler, se faire connaître à elle, se faire aimer… oh, comme il s’approche alors de cette âme, toute souillée cependant. Comme il s’en approche avec patience, avec bonté, disons le mot, avec amour, et comme avec une sorte de respect. C’est l’heure douce et solennelle des suprêmes réconciliations… silence ».

Sermon 382, non daté, au jour octaval de sainte Thérèse,
donné aux carmélites de Bordeaux.

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