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Parabole pour des temps d’automne

Imprimer Par Denis Gagnon

«Écoutez cette parabole… Un homme était propriétaire d’un domaine…» (Matthieu 21, 33-43) Voici une parabole de Jésus pour des temps d’automne : le propriétaire d’une vigne veut prendre possession de la récolte. Les ouvriers refusent de lui rendre les fruits de son jardin. Au lieu d’aller reconquérir son bien avec une police bien armée, le propriétaire envoie serviteur après serviteur, espérant changer l’attitude des ouvriers. Le propriétaire, au lieu de s’imposer comme un maître, devient le mendiant de son propre bien. Il joue même la tête de son fils.

Par cette parabole, Jésus veut nous montrer l’attitude de Dieu à notre égard. Dieu, c’est le grand jardinier qui a semé le droit, la justice et l’amour sur la terre. Il nous a embauchés comme ouvriers dans son jardin. Nous avons été engagés pour arroser et entretenir les plantes que Dieu a semées. Et au lieu de venir chercher son dû en grande pompe, avec force et puissance, il se présente à nous comme un mendiant. Il vient nous quêter ce qui lui appartient.

Mais alors quand avons-nous vu Dieu mendier à notre porte? Comment se présente-t-il à nous au temps de la récolte?

Chaque fois qu’un enfant demande plus qu’un toit et trois repas par jour, quand il vient mendier un peu de votre temps pour jouer. Chaque fois qu’un adolescent désire un peu d’attention malgré qu’il soit gauche dans ses revendications. Chaque fois qu’une femme souhaite que son mari lui accorde du temps plus qu’il n’en consacre à la télévision. Chaque fois qu’après une grosse journée de travail, un mari s’attend à un peu de douceur, de compréhension, chaque fois qu’il souhaite que les problèmes de famille soient abordés sans cri, sans colère, sans agressivité. Chaque fois qu’un vieillard se croit déjà mort parce qu’il vit dans une grande solitude. Chaque fois que des patrons et des ouvriers en grève ont besoin d’un peu de lumière pour voir clair dans leur conflit. Chaque fois que quelqu’un attend une parole d’espoir, de la collaboration, un geste de justice devant la détresse. Chaque fois qu’il nous est demandé de participer à la construction d’une terre plus habitable, d’un monde plus humain. Chaque fois que quelqu’un vient mendier notre amitié, c’est Dieu qui vient faire la récolte de son jardin.

Refuser d’aider les mendiants d’aujourd’hui, mendiants d’espoir, mendiants de courage, mendiants d’amitié, c’est assassiner les envoyés de Dieu, le propriétaire du jardin terrestre. C’est de nouveau condamner Jésus. C’est rejeter la pierre angulaire du monde. C’est se prendre pour les propriétaires du jardin de Dieu.

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