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Dom Jean Leclercq : la foi rayonnante d’un moine

Imprimer Par Paul Christophe

Moine érudit et de grande renommée par ses travaux, son enseignement et son influence dans le nouveau monachisme avec le Concile Vatican II, Dom Jean LECLERCQ (1911-1993) avait une foi rayonnante. Voici la conclusion d’un long article du P. Paul CHRISTOPHE, dans la revue LA VIE SPIRITUELLE, mars 2011, N° 793, pp. 129-152. L’auteur utilise l’abondante correspondance de Dom Jean Leclercq, publiée en 2000, dans un gros volume de 1734 pages, qui nous trace le visage d’un moine libre et obéissant, engagé dans la vie de l’Église et du monde, surtout d’une grande profondeur spirituelle.

A travers ses engagements, ses activités, ses publications, ses multiples interventions, dom Jean Leclercq ne cesse en définitive de présenter le visage d’un moine heureux de son choix, qui a toujours refusé d’avoir « un code au lieu du cœur » et dont la foi rayonnante a intégré tous les événements de la vie, même la souffrance et la mort. A juste titre, ses Mémoires, publiés à Milan s’intitulent : De grâce en grâce.

Dans une lettre à sa mère qui vient de subir une opération, et où il lui manifeste son affection, il écrit :

« Maintenant que c’est passé, tu comprendras tout le profit spirituel que tu as pu tirer de cette longue épreuve à l’hôpital : il y a chez les autres, les isolés, les malades, les pauvres, les humiliés, des états de souffrance qu’on ne commence à comprendre parfaitement que quand on y est passé soi-même comme tu l’as fait » (lettre du 9 déc. 1955).

Présent à Bangkok à un congrès œcuménique qui rassemble soixante-cinq participants parmi lesquels Thomas Merton, il relate en ces termes à son Père Abbé le décès subit du trappiste américain :

« A 6 heures, le P. de Floris m’attendait pour m’annoncer une nouvelle qu’il me donna comme triste : l’après-midi, on avait retrouvé T. Merton mort d’une crise cardiaque. J’exprimai aussitôt ma joie de ce qu’il voie enfin » (lettre du 11 déc. 1968).

A une religieuse amie, sœur Pia Valeri, qui a travaillé longtemps à l’Aide inter-monastères, et qui vient de perdre sa mère, il écrit que le départ de sa maman pour le ciel, c’est une date importante dans une vie :

« C’est la fin de notre première jeunesse et le commencement d’une autre, car nous allons de rajeunissement en rajeunissement, jusqu’à ce que nous soyons enfin plongés, nous aussi, comme votre maman, comme T. Merton, dan l’inépuisable jeunesse de Dieu » (lettre du 21 février 1969).

C’est à sœur Pia, avec qui dom Leclercq a correspondu jusqu’à la dernière année de sa vie, qu’on laissera le soin d’achever son portrait :

« Le Père Jean Leclercq appartenait à cette catégorie d’amis que Dieu place sur la route comme des cailloux blancs, répandus par terre pour être recueillis et gardés précieusement ; un ami dont la parole avivait le courage, dont la foi rayonnante dissipait les ombres, dont l’amour indéfectible pour le Christ et son Église demeurait inébranlable, malgré tous les courants de doctrine qui ont agité l’Église en cette fin du XXe siècle. Il m’avait dit un jour : « Sœur Pia, quand vous apprendrez que j’ai quitté ce monde pour le ciel, le fini pour l’infini, le périssable pour l’éternel, alors vous pourrez vous exclamer : Alléluia ! ».

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