Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

1er Dimanche de l’Avent. Année A.

Imprimer Par François-Dominique Charles

L’espérance des chrétiens a un nom : « Jésus »

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « L’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé. A cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée.
« Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

COMMENTAIRE

C’est dans le temps de l’épreuve que nous souhaitons plus ou moins clairement être délivrés de tout ce qui est si dur à vivre. Il en va de même pour notre monde, notre humanité, où il y a tant de conflits, de guerres et de souffrances. Il y a tant de lieux sur notre terre où des hommes, des femmes et des enfants vivent en enfer ! Or, l’espérance est vitale pour tenir au cœur des épreuves et des difficultés. Seule l’espérance permet de tenir au cœur de l’enfer, cette si fragile espérance en un jour meilleur, cette certitude que l’enfer passera et que le mal n’aura pas le dernier mot en ce monde.

Si nous sommes chrétiens, nous sommes forcément habités par cette grande chose qu’est l’espérance, cette force de croire qu’il y a toujours du nouveau à venir, cette force de savoir que la nuit ne l’emporte jamais sur le jour. Une lumière se lèvera sur nos ténèbres et les engloutira. Ce grand soleil est déjà venu en notre monde et nous attendons son grand lever. Comme le dit le cantique de Zacharie (père de Jean-Baptiste) : Jésus est le « soleil levant sur ceux qui gisent dans l’ombre de la mort » (Lc 1,78-79). « La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche ! » (2e lecture).

L’espérance des chrétiens a un nom : « Jésus », un nom qui veut dire « Dieu sauve ». Notre vie ne s’arrête pas à ce que nous en percevons. Notre vie a une dimension cachée, secrète. Une dimension d’espérance qui jaillit des profondeurs de notre cœur, surtout quand les choses vont mal. C’est ainsi que le prophète Isaïe (1ère lecture), au moment où la ville de Jérusalem est assiégée par les armées assyriennes, annonce que Dieu va libérer son peuple et va réunir toutes les nations sur sa montagne sainte, à Jérusalem. Au moment où les armes menacent de tuer, il ose prophétiser l’avenir : « Des épées, on forgera des socs de charrue, des lances, on fera des faucilles. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation. On ne s’entraînera plus à faire la guerre. » Le prophète Isaïe sait que Dieu va venir pour sauver ce monde de ses guerres fratricides. Il sait que le Seigneur du monde viendra pour nous aider à vivre dans une véritable fraternité.

La période de l’Avent, c’est pour nous, croyants, le temps fort de l’espérance, le temps de croire qu’au cœur de ce monde de violences et d’injustices, il y a un avenir qui se prépare et qui est déjà semé. Un Sauveur vient guérir et sauver en profondeur ce qui est blessé et perdu. Il vient ouvrir un avenir à tous ceux qui n’attendent plus rien de demain. Cela est si nécessaire pour tous ceux qui sont dans l’angoisse et qui souffrent… Pensons aux chrétiens d’Iraq et aux habitants d’Haïti qui sont si éprouvés.

L’Avent (l’avènement, la venue, l’avenir) c’est le temps du renouveau de l’espérance, de l’attente impatiente de la venue de Celui qui réalisera ce que les hommes n’arrivent pas à réaliser. C’est cela attendre le Salut. C’est ne jamais se satisfaire de ce que nous vivons maintenant. Il y a dans nos vies toujours une dimension cachée, à venir. Dieu y a semé l’éternité ! Dieu y a semé sa Présence !

Durant ce temps de l’Avent, sortons de notre sommeil, cessons de vivre en oubliant que nous sommes croyants, en oubliant Celui qui habite nos cœurs et qui nous tend la main. Tenons-nous prêts pour l’accueillir. Reprenons chaque jour avec espérance la prière des premiers chrétiens que Paul nous a transmis en araméen (1Co 16,22), la langue de Jésus. On peut la dire dans l’espérance, soit comme une demande répétée avec insistance : « Marana tha ! » (Notre Seigneur, viens !), soit comme une affirmation parce qu’on est sûr dans la foi que le Seigneur va venir : « Maran atha ! » (Le Seigneur vient !). « Marchons à la lumière du Seigneur » car ce jour où « le Fils de l’homme viendra », c’est aujourd’hui.

Frère François-Dominique CHARLES, o.p.

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