Parole et vie,

Responsable de la chronique : Dominique Charles, o.p.
Parole et vie

21e Dimanche du temps ordinaire. Année C.

Imprimer Par Daniel Cadrin

Entre route et maison

Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes et les villages en enseignant.
Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? »
Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : ‘Seigneur, ouvre-nous’, il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes.’ Alors vous vous mettrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.’ Il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.’ Il y aura des pleurs et des grincements de dents quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

COMMENTAIRE

Jésus est en route. Il marche vers Jérusalem. L’Évangile de Luc est construit comme un pèlerinage et nous sommes invités à marcher avec Jésus sur la route, lieu des questionnements et enseignements, et des longs cheminements.

Une question lui est posée, portant sur le nombre des sauvés quand le royaume arrivera, définitivement. Jésus n’entre pas dans ce genre de question. Elle lui sert plutôt de point de départ pour un appel, une exhortation : efforcez-vous d’entrer. Il renvoie les gens à eux-mêmes, à leur engagement personnel, les invitant à sortir d’une approche en extériorité (combien, quand).

Puis vient une parabole, parlant de maison et de festin, qui relance l’appel. La route mène à une maison où il s’agit d’entrer et où se tient le festin du royaume. La parabole a un ton prophétique. Luc souligne souvent ce visage de Jésus, qui interpelle et dérange, qui invite à faire des choix personnels. Il n’y a pas d’automatisme pour l’accès au royaume, pas de billets réservés pour une catégorie de gens. Il ne suffit pas d’être juif, chrétien, religieux, pratiquant, traditionnel, progressiste, etc. Il s’agit d’accueillir la Parole et de faire le bien.

Puis la parabole évoque les gens de partout, des quatre coins de la terre, qui seront au festin. C’est une réalité universelle, incluant des gens qu’on n’avait pas prévus, des païens, comme cela est arrivé aux débuts de l’Église, ce dont les Actes de Luc et les Lettres de Paul témoignent. Ici, le contraste est grand avec la question du début portant sur le petit nombre….

Route des appels et des recherches, où entendre une Parole qui vient renouveler notre quête et nous pousser en avant dans notre pèlerinage, jusqu’à la maison du Père où nous attend non un enterrement mais une fête, avec des visages du monde entier.

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