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Rencontrer le Vivant!

Imprimer Par Denis Gagnon

Marie-Madeleine, Jeanne, Marie mère de Jacques: trois femmes se retrouvent devant un tombeau vide. Elles sont accompagnées d’autres femmes qui font la même expérience qu’elles. Enfin, Pierre, à son tour, court au tombeau. Il n’y voit que le linceul. L’événement est relaté dans l’évangile de Luc durant la veillée pascale (Cf. Luc 24, 1-12).

La troupe des femmes voulait voir un cadavre. Elles se retrouvent devant rien. Mais pas tout-à-fait: elles rencontrent deux messagers. Ceux-ci réveillent les mémoires: « Rappelez-vous ce qu’il vous a dit…» Il en avait déjà parlé! Elles avaient donc oublié! À moins qu’elles n’aient pas porté attention. Il parlait beaucoup, l’homme de Nazareth. Et il parlait en paraboles, des histoires qui suscitent plusieurs interprétations. Pierre pourrait avoir les idées plus claires puisqu’il accompagnait Jésus de façon privilégiée. Mais l’apôtre est tout aussi étonné que les femmes. Et il ne claironne pas la nouvelle: il rentre à la maison, tout simplement…

Nous ne pouvons pas juger tous ces gens abasourdis. Nous aurions vécu la même surprise qu’eux. Peut-être même davantage. L’événement de Pâques se boit à petites gorgées. À même nos doutes et nos questions. À même nos aveuglements. À même la quête de notre intelligence. À même nos désirs. Petit à petit, dans nos jours ensoleillés comme lorsque nous subissons la tempête, le Vivant s’annonce. Nous ne le reconnaissons pas toujours. Sa présence nous étonne autant que son absence étonnait les femmes et Pierre.

Le Vivant nous demande de le recevoir non pas au tombeau vide, mais chez nous, dans notre existence quotidienne. Pierre a sans doute raison de rentrer à la maison. C’est là, au fil des jours, que la Pâque s’insinue dans notre recherche de sens. Lentement, progressivement, nous reconnaissons le Vivant dans notre Galilée à nous, dans les saisons que nous traversons.

Lentement, bien lentement nous consentons à greffer notre mort sur la sienne en espérant en recevoir la sève de la résurrection (Cf. Romains 6, 3-11). Certains jours, nous chantons Pâques: avec conviction nous reprenons le refrain du récit de la création: « Et Dieu vit que cela était bon!» Nous voyons nous-mêmes que cela est bon (Cf. Genèse 1)! D’autres jours, la foi a toutes les allures d’un combat. Nous montons au bûcher, tristes comme Abraham qui s’apprête à sacrifier son Isaac (Genèse 22). Il nous arrive aussi de reconnaître l’étonnante fécondité de la Parole de Dieu quand elle vient vers nous et nous transfigure (Isaïe 55), quand elle nous donne un coeur nouveau (Ézékiel 36). Bref, la Pâque du Christ nous libère progressivement. Notre libération n’est pas toujours paradisiaque. Notre exode passe à travers le désert (Cf. Exode 14). Mais que nous marchions sur le sable brûlant ou que nous fassions halte à un oasis, chaque fois peut résonner en nous le message des deux hommes en vêtements éblouissants: « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il n’est pas ici, il est ressuscité.»

Puisse le témoignage des nombreux adultes qui se présentent au baptême en cette sainte nuit renouveler en nous l’audace de la foi. Au-delà de nos petites et grandes morts, rencontrer le Vivant!

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