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Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
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De l’action à souhait ! : ANGES ET DÉMONS et MILLÉNIUM

Imprimer Par Gilles Leblanc

Avec plus ou moins de succès, le cinéma adapte pour le grand écran des romans et autres productions littéraires. Quant il s’agit de best-sellers, l’opération s’avère plus délicate. Cette fois-ci, le défi est relevé haut la main avec deux films récents : ANGES ET DÉMONS et MILLÉNIUM . De l’action, en voulez-vous, en voilà !

ANGES ET DÉMONS

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Ron Howard renoue avec l’univers de l’écrivain Dan Brown et son héros Robert Langton dans ce thriller bien étoffé, réalisé de toute évidence dans un contexte de controverse moins étouffant que celui qui avait entouré la sortie de DA VINCI CODE en 2006. Le scénario possède toutes les qualités d’un jeu de société, avec son labyrinthe d’impasses et de débouchés, ses églises et ses monuments par lesquels il faut passer, et des joueurs qui, à l’exception du héros, avancent masqués.

Retraçons l’histoire en cause. En plein conclave, les quatre candidats les plus sérieux à la succession du défunt pape sont enlevés. Les ravisseurs se réclament des Illuminati, une fraternité médiévale en rupture avec l’Église, qui prévoit la mise à mort des cardinaux, à intervalles réguliers pendant la soirée, avant de faire exploser le Vatican au moyen d’un dispositif nucléaire dérobé dans un laboratoire suisse.

À la demande du camerlingue Patrick McKenna (Ewan McGregor), le professeur à Harvard en symbolique religieuse, Robert Langdon (Tom Hanks), est appelé en renfort afin d’aider les autorités à décrypter le message indiquant les lieux où les otages seront exécutés et ultimement à localiser la bombe. Langdon, aidé par une scientifique italienne (Ayelet Zurer), ne dispose que de quelques heures pour mettre en échec le plan des Illuminati, qui semblent d’ailleurs avoir infiltré les autorités vaticanes.

Rien de bien neuf ni de bien dérangeant, en somme, dans ce divertissement efficace, bien photographié et monté sans temps mort. La logique interne du scénario est si flexible qu’aucune hypothèse n’est trop farfelue, et que toutes auraient pu conduire à un dénouement convenable. Le film oppose la science et la foi, les faits et les croyances avec une distribution de premier plan qui prend visiblement plaisir à l’affaire.

MILLENIUM

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Cette adaptation fidèle du premier roman de la populaire trilogie du défunt Stieg Larsson réserve une intrigue touffue aux rebondissements multiples, mais aussi quelques raccourcis et naïvetés, que le rythme vif et le montage serré rendent moins visibles. De fait, les attentes des lecteurs, qui désirent retrouver au cinéma le vertigineux whodunnit (qui l’a fait ?) du livre, devraient être récompensées. À l’inverse des cinéphiles, qui ne manqueront pas de remarquer le peu d’ambition esthétique qui caractérise cette production issue du pays d’Ingmar Bergman.

Déclaré coupable à l’issue d’un procès pour diffamation intenté contre lui par un roi de la finance, Mikael Blomkvist quitte ses fonctions de rédacteur en chef de la revue de gauche Millénium. Dans la foulée, Henrik Vanger, un vieil industriel, invite le quadragénaire célibataire à venir s’installer sur son île à Hedestad, au nord de la Suède, afin qu’il enquête sur la disparition de sa nièce Harriet, survenue quarante ans plus tôt.

Récalcitrant et oeuvrant contre la volonté des autres membres du clan Vanger, Bloomkvist se laisse peu à peu gagner par le mystère de cette disparition et trouve quelques indices inédits. Mais c’est une découverte faite par Lisbeth Salander, une pirate informatique excentrique démasquée à Stockholm, avec qui il fait désormais équipe, qui met le journaliste d’enquête sur une piste plus terrifiante encore.

La mise en scène du Danois Niels Arden Oplev s’en remet aux standards de la télévision haut de gamme, sans plus, avec des gros plans et des scènes dialoguées en champs/contrechamps. MILLÉNIUM – LE FILM ouvre cependant une fenêtre sur une Suède rarement montrée au cinéma. Un pays qui, sur le plan moral, ne s’est pas affranchi de son vieux fond luthérien et des fantômes du nazisme. Lesquels teintent l’enquête menée par les deux héros incarnés avec conviction par Michael Nyqvist et Noomi Rapace.

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