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Un monde en appel de miséricorde

Imprimer Par Jacques Marcotte

« Je pars pour l’Afrique conscient de n’avoir rien d’autre à proposer et donner (…) que le Christ et la Bonne Nouvelle de sa Croix, mystère d’amour suprême, d’amour divin qui l’emporte sur chaque résistance humaine… » Voilà ce qu’affirmait Benoît XVI lors de l’Angelus, Place St-Pierre, le 15 mars dernier. Il ajoutait : « Voilà la grâce de l’Évangile capable de transformer le monde, … car elle génère une force irrésistible de paix et de réconciliation profonde et radicale ». Ces paroles disent l’essentiel de la prédication chrétienne. Elles annoncent la puissance de transformation que recèle la Bonne Nouvelle apportée par le Christ.

Certaines maladresses récentes au Brésil, à Rome ou dans l’avion portant le pape en Afrique ont avivé le feu des critiques contre le pape et contre l’Église. Les mises au point du Vatican n’ont pas réussi à calmer tous les esprits. Il est significatif que ces débats se soient produits au sujet ou dans le contexte de grandes souffrances humaines : le viol d’une petite fille, la shoah des camps nazies, la pandémie du sida en Afrique. Ces situations nous provoquent spontanément à la compassion envers les souffrants de la terre et à la franche et pleine solidarité avec ceux et celles qui luttent pour la vie ou qui prennent soin des démunis.

Il n’est pas toujours facile de faire les distinctions et d’apporter les nuances nécessaires. Il faut beaucoup de bonne volonté pour donner toute sa chance par exemple au discours du pape, dont on ne peut douter de la sincérité, mais dont on sait aussi la forte détermination d’être fidèle absolument aux principes de la morale chrétienne.

La Bonne Nouvelle toujours attendue est celle de la miséricorde et de la compassion. C’est ce message qui nous est rappelé sans cesse dans les lectures évangéliques. Bonne Nouvelle d’un Dieu riche en miséricorde « qui nous a aimés d’un grand amour, qui nous a fait revivre avec le Christ, qui nous a ressuscités avec lui. » Bonne Nouvelle d’un Dieu « qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… pour que tout homme obtienne la vie éternelle, soit sauvé. »

Pour bien entendre ce message, pour entrer dans la grâce du salut, il faut reconnaître notre mal, notre infidélité, notre péché. Et ça nous est bien difficile. Nous sommes tellement avancés dans les techniques et dans l’intelligence des réalités de la nature, le normal et le pathologique, que nous nous croyons capables de régler tous nos problèmes. Or il y a de quoi comprendre, en tous nos malheurs et nos limites, que nous n’y arriverons pas tout seuls. Nous avons besoin de l’aide d’un plus grand que nous. Il nous faut réfléchir à notre fragilité radicale et à nos limites. La Bonne Nouvelle du Dieu d’Amour ne nous dispense pas d’investir nos propres ressources pour sauver l’homme. Nous avons besoin des deux : aller au bout de nos capacités humaines de transformation et de guérison; accueillir avec humilité et reconnaissance le supplément d’âme et les ressources « surnaturelles » offertes « gratuitement » pour que notre monde soit effectivement sauvé.

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