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Une histoire divine

Imprimer Par Denis Gagnon

Jeudi dernier, c’était la Saint-Valentin, la fête des amoureux, la fête de l’Amour..

Du plus profond de chaque être humain surgit le désir de rencontrer d’autres personnes, de créer des liens, de partager même la vie, toute la vie d’une autre personne. Nous naissons à cause de l’amour. Nous grandissons à cause de l’amour. Nous nous réalisons à cause de l’amour.

C’est ce qu’a perçu l’auteur du livre de la Genèse quand il place dans la bouche de Dieu les mots suivants: «Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul. Je veux lui faire une aide qui lui soit accordée.» (Genèse 2, 18) «Une aide», pas une servante, mais une aide, quelqu’un qui va l’aider à se réaliser, quelqu’un qui va l’aimer et qui va devenir sa raison de vivre. Et cette «aide» qui lui soit accordée va elle-même trouver en lui une aide pour sa propre réalisation, pour devenir le sens de sa propre vie.

Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul, ni pour la femme. Ils risqueraient de ne pas aller jusqu’au bout d’eux-mêmes. Parlez-en aux spécialistes des êtres humains: les psychologues, les anthropologues, les ethnologues, les pédagogues… Ils vous le diront: les humains sont ainsi faits qu’ils deviennent heureux quand ils sont ensemble.

C’est comme cela depuis toujours. C’est dans la nature même des êtres humains. À tel point qu’il ne faut qu’un frisson, l’étincelle d’un oeil, pour qu’un homme dise en voyant une femme: «Voilà l’os de mes os et la chair de ma chair» (Genèse 2, 23).

Quand cet homme et cette femme croient en Dieu, l’amour qui les rapproche revêt une dimension particulière. C’est ce que semble comprendre Tobie, le jeune époux de Sara: «Nous sommes les descendants d’un peuple de saints. Et nous ne pouvons pas nous unir comme des païens qui ne connaissent pas Dieu.» (Tobie 8, 5) Tobie ne méprise pas les païens, il dit seulement: notre amour est aussi l’oeuvre de Dieu. Nos corps peuvent se rapprocher comme tous les corps vivants, mais notre relation est aussi un acte religieux. Nous nous inscrivons dans la création de Dieu: le ciel, la terre, la mer, et toutes les créatures qui s’y trouvent… Nous inscrivons notre amour dans la tradition du «Dieu de nos pères». Notre amour va devenir une famille qui sera une bénédiction de Dieu «dans la suite des siècles».

En parlant du mariage, saint Paul a écrit dans une lettre: «L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne seront qu’une seule chair. Ce mystère est grand: moi, je déclare qu’il concerne le Christ et l’Église.» (Éphésiens 5, 31-32) Comme le Verbe de Dieu s’est fait chair et a habité parmi nous, les coeurs, les esprits et les corps des couples chrétiens se font chair et habitent parmi nous. Des enfants naissent de leur union inscrite dans l’amour créateur de Dieu.

Les époux chrétiens célèbrent leur amour à même la liturgie qui nous fait célébrer le Christ. Jésus nous a invités à aimer comme il nous a aimés. Et il nous a aimés en se donnant sans réserve, totalement à nous et pour nous. Le Christ a célébré son amour pour l’humanité en partageant le pain de sa vie et en offrant sa vie: «Ceci est mon corps livré pour vous»! Les époux s’offrent l’un à l’autre de même, en livrant leur corps l’un à l’autre. «Que, dans vos coeurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps.» (Colossiens 3, 15) Le baiser qu’ils échangent peut devenir le rite de communion de leur liturgie amoureuse. En s’embrassant, ils se donnent et se reçoivent l’un de l’autre. Ils se disent l’un à l’autre: «Je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole, dis seulement: «Je t’aime!» et je serai guéri.»

Voilà l’histoire d’amour des époux chrétiens, une histoire divine. Elle tire son origine, elle prend sa source dans la nature. Elle rejaillit aussi dans la foi qui les habite. Leur aventure est greffée sur l’aventure amoureuse de Dieu avec l’humanité. Leur alliance s’inscrit et se nourrit dans l’alliance du ciel et de la terre.

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