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De toutes les nations, une fraternité

Imprimer Par Denis Gagnon

Ce dimanche, la communauté chrétienne du Centre étudiant Benoït-Lacroix célèbre la Messe des nations à l’occasion de la semaine interculturelle de l’Université de Montréal.

Nous nous retrouvons d’un dimanche à l’autre depuis plusieurs mois. Pour certains depuis quelques années. Depuis ce temps, depuis toujours, nos rassemblements du dimanche sont marqués par la diversité de nos origines, de nos cultures, de nos langues, de nos mentalités. Chaque dimanche, c’est une J.M.J., une fin d’après-midi mondiale de la jeunesse! Cette diversité s’exprime de temps à autre, ne serait-ce que par la couleur de notre peau, un accent particulier dans notre parlure, un chant dans une autre langue. Mais ce dimanche de février, nous voulons que nos différences paraissent, qu’elles prennent beaucoup de place. Pas de discrétion. Nous étalons nos richesses respectives. En même temps, nous voulons relever un grand défi: réaliser une communion sans gommer nos différences, nos spécificités.

En cela, nous ne sommes pas la seule activité multi-ethnique sur la planète. Qu’on pense seulement aux Jeux olympiques ou aux Expositions universelles. Là aussi on veut fraterniser dans la diversité. Qu’on pense à tous ces organismes et ces associations qui veulent rapprocher les peuples, faire se rencontrer les cultures. Et, du même coup, favoriser la paix et la concorde.

Qu’est-ce qui fait la spécificité de notre rassemblement, de nos Nations Unies à nous? Jésus Christ. Nous sommes ensemble à cause de Jésus Christ. Nous bâtissons la fraternité à cause de lui. Pour nous, il est, bien sûr, un maître de sagesse qui nous exhorte à nous aimer les uns les autres. Mais nous reconnaissons en lui bien davantage. Nous croyons qu’il est le Fils de Dieu et que ce Fils de Dieu est notre frère, et que son Père est notre Père. Et que la fraternité que nous recherchons est greffée sur Dieu. Ce que nous vivons nous appartient, il est le résultat des efforts que nous déployons pour réaliser la paix entre nous. Mais, en même temps, cette paix nous vient d’ailleurs et prend son origine en Dieu. Création de Dieu en même temps que notre propre création.

Et cette fraternité que nous vivons entre nous devient la saveur pour la terre et la lumière pour le monde. Nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde. À quelque part sur la terre, chaque dimanche, des jeunes forment ensemble quelque chose de la fraternité humaine sur cette planète et quelque chose de l’amour qui habite Dieu vivant.

C’est discret. Une centaine de jeunes, c’est peu parmi les milliards d’habitants de cette planète. Le local que nous occupons, si grand soit-il, reste bien petit par rapport aux milliards de kilomètres qui ceinturent la terre. Mais peu importe que nous soyons discrets ou non. Le sel ne se mange pas à la cuillère. On en met quelques grains dans sa soupe ou sur les légumes pour réveiller la saveur. Ni trop ni trop peu.

Nous pourrions nous contenter de nous aimer les uns les autres, de vivre ensemble quelque chose qui nous fait du bien. Mais nous acceptons de demeurer ouverts aux autres. Nous acceptons que notre rassemblement ait des répercussions sur le reste de la planète. Rien de gigantesque, mais des répercussions. Nous ne voulons pas être une lampe qu’on cache sous un chaudron. Une lampe n’éclaire pas pour elle-même, mais pour faire apparaître ce qui est dans l’ombre, pour montrer, pour indiquer…

Nous voulons partager notre pain avec celui qui a faim, recueillir le malheureux sans abri, couvrir celui qui est sans vêtement, bref, nous ne voulons pas nous dérober à notre semblable. La plupart du temps, nous lui venons en aide avec d’autres qui ne partagent pas notre foi. Nous ne brandissons pas pour autant notre credo comme une pancarte de manifestant. Nous agissons comme le sel qui disparaît dans la nourriture pour que la saveur se réveille. Nous nous dévouons comme la lampe qui attire l’attention autour d’elle plutôt que sur elle.

Je viens de décrire l’idéal. Dans la réalité, ce n’est pas toujours aussi beau. Peu importe. L’essentiel, c’est que nous devenions petit à petit les frères et les soeurs du Christ et, du même coup, le sel de la terre et la lumière du monde.

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