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Quand aimer devient un acte de foi

Imprimer Par Denis Gagnon

C’était, cette semaine, la Saint-Valentin. Certains l’appellent la fête du chocolat! D’autres lui ont trouvé un nom plus succulent: la fête des amoureux! Car l’amour a plus de goût que le chocolat. N’en déplaise à la Belgique dont le chocolat est la fierté.

Combien de déclarations d’amour ont été prononcées mercredi dernier? Des milliers! Des millions! Peut-être même des milliards! L’amour a chanté tout autour de la planète pendant vingt-quatre heures.

Pendant les mêmes vingt-quatre heures, la haine a continué de faire des ravages. En plus des amoureux, la terre contient des ennemis. Malheureusement. Les guerres et les violences de toute sorte nous le rappellent abondamment et sans retenue.

Parfois, au milieu des hostilités, on rencontre des actes de grande noblesse. La Bible nous en raconte quelques-uns. Les rapports entre le roi Saül et David n’ont pas été souvent au beau fixe. Loin de là. À la tête de 3000 hommes, Saül a pourchassé le jeune homme pour l’assassiner. Or, une nuit, David s’est introduit dans le camp de Saül. Il aurait pu tuer son ennemi d’un seul coup de lance. Mais il n’a pas voulu porter la main sur le roi qui voulait le faire mourir. Le roi avait beau être son ennemi, c’était le roi, il avait reçu l’onction du Seigneur. Il méritait le respect.

Le geste est noble, digne de l’esprit chevaleresque du Moyen-Âge. La scène illustre une parole difficile de Jésus: «Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent» (Luc 6, 27). Voilà une exigence très dure! Ceux et celles d’entre nous qui sont aux prises avec de vrais ennemis doivent sûrement se trouver mal à l’aise devant une telle demande. Aimer ceux qui nous aiment, ça va tout naturellement! Mais aimer quelqu’un qui nous veut du mal, c’est une autre affaire!

Humainement parlant, je ne crois pas que nous puissions aimer un vrai ennemi. Les sentiments s’embrouillent. La justice réclame son dû, le respect de soi-même également. Ce que demande Jésus ne peut pas faire partie de notre nature.

Le seul amour des ennemis possible suppose un acte de foi. Seul l’Esprit Saint peut parvenir à nous faire aimer nos ennemis. C’est-à-dire: à nous rendre capables de reconnaître dans nos adversaires des enfants de Dieu, à laisser Dieu les aimer à travers nous. Prier pour ceux qui nous calomnient, comme le demande Jésus, c’est espérer pouvoir regarder nos ennemis avec les yeux de Dieu lui-même. C’est demander à Dieu la force de résister à la haine en choisissant d’autres chemins que ceux de la violence.

En choisissant l’amour plutôt que la haine, nous offrons un témoignage important à la société. Nous affirmons que l’humanité n’a pas d’autre avenir que l’amour. Nous disons aux hommes et aux femmes qui habitent cette planète qu’ils ne peuvent pas y vivre décemment sans choisir de dépasser leurs conflits.

Nous annonçons également le coeur même de l’Évangile: le Christ qui a aimé ceux qui l’ont condamné à mort et qui a demandé à Dieu de leur pardonner leur haine à son endroit.

Dans sa mort, le Christ nous partage son amour sans mesure. Bien sûr, nous sommes les descendants d’Adam, poussiéreux et grossiers comme lui. Mais le Christ nous fait citoyens du ciel. Comme dit saint Paul, «de même que nous sommes à l’image de celui qui est pétri de terre, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel» (1 Corinthiens 15, 49). Le Christ nous élève au niveau de son amour, de son royaume de paix et de solidarité. Là où le pire ennemi peut devenir un frère. Avec la grâce de Dieu.

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