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Le psalmiste,

Responsable de la chronique : Michel Gourgues, o.p.
Le psalmiste

Pour rencontrer le Christ : des chemins semblables

Imprimer Par Denis Gagnon

Depuis le concile Vatican II, nous disons souvent que l’Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne (Constitution sur la liturgie, n. 10). Effectivement, toute la vie de l’Église, et principalement sa liturgie, trouve son sens dans le mémorial de la mort et de la résurrection du Christ célébré dans l’Eucharistie. Comment la liturgie des Heures respecte-t-elle cette donnée? Comment s’enrichit-elle à la lumière de l’Eucharistie?

Nous le voyons d’abord par l’objet de la louange et de la prière dans la liturgie des Heures. Comme à l’Eucharistie, la liturgie des Heures fait mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur. Elle loue «par lui, avec lui et en lui», dans l’unité de l’Esprit. Elle reconnaît que toute l’histoire de l’humanité se récapitule dans l’événement de Pâques. L’Eucharistie et la liturgie des Heures se nourrissent donc à la même théologie, au même message pascal.

Un même aménagement

D’autres aspects rapprochent l’Eucharistie et la liturgie des Heures, spécialement les Offices du matin et du soir. Ainsi en est-il de la structure même de l’Office et celui de la liturgie de la Parole à l’Eucharistie. Chacune des célébrations commence par un chant. Celui-ci donne le ton. Il crée l’atmosphère festive. Il unit les coeurs pour la louange et l’intercession. Suit un rite d’ouverture plus ou moins développé. Puis, vient la liturgie de la Parole. À l’Office comme à l’Eucharistie, on retrouve les mêmes étapes. Une première lecture tirée de l’Ancien Testament: à l’Office, un psaume; à l’Eucharistie, un extrait d’un autre livre de l’Ancien Testament.

On trouve ensuite une deuxième lecture de l’Ancien Testament sous forme lyrique: un psaume à l’Office du soir et à l’Eucharistie; un cantique de l’Ancien Testament à l’Office du matin. Puis vient une troisième lecture: un psaume à l’Office du matin; une lecture du Nouveau Testament à l’Eucharistie et à l’Office du soir (Cantique du Nouveau Testament). Arrive ensuite la lecture évangélique à l’Eucharistie ou le Cantique évangélique à l’Office du matin (Cantique de Zacharie) et à l’Office du soir (Cantique de Marie). La liturgie se poursuit dans une prière d’intercession.

Le don et l’accueil

À l’Office du matin et à celui du soir, habituellement on écoute et on lit alternativement les versets des lectures. Les deux choeurs s’offrent à tour de rôle la Parole par de toutes petites séquences de lecture. Et celle-ci est faite par plusieurs comme dans les choeurs grecs. Dans certains rites particuliers, pendant la lecture ou le chant du psaume, un choeur est debout (la position du lecteur) et l’autre choeur est assis (la position de l’auditeur). Ainsi, tout au long du chant des psaumes, la célébration est rythmée par le don et l’accueil, par la lecture et l’audition, par la prédication et la réception. Jusque dans la manière même de célébrer par les psaumes, l’assemblée exprime le sens de l’action de grâce où nous accueillons le don de Dieu – la grâce – en offrant à notre tour un don, en rendant à Dieu la grâce qu’il nous fait par un contre-don.

L’Évangile au sommet

Dans les trois célébrations, Offices du matin et du soir ainsi que Eucharistie, l’Évangile occupe le sommet. Les rites qui l’accompagnent le laissent entendre : ‘assemblée se tient debout en présence du Seigneur, on fait le signe de la croix, on encense l’autel ou le livre de la Parole.

La prière du Seigneur

L’Office, comme l’Eucharistie, comprend le Notre Père. Celui-ci vient, lui aussi, des évangiles. Dans l’un et l’autre cas, la prière du Seigneur occupe une fonction semblable. À l’Office du matin et à l’Office du soir, elle prolonge l’intercession et la louange. Au cours de l’Eucharistie, elle prolonge la prière universelle et la prière eucharistique. Dans l’un et l’autre cas, le Notre Père élargit la prière. Il la rend véritablement universelle.

À l’Eucharistie, le Notre Père nous donne la permission, d’une certaine façon, de nous adresser à Dieu dans la prière eucharistique en l’appelant Père. Cette permission nous est donnée par le Seigneur quand il donne sa prière. Et la prière eucharistique, parce qu’elle fait mémoire de la mort et de la résurrection du Christ, proclame du même coup notre filiation adoptive et nous rend dignes de prononcer: “Notre Père…”

Sans aucun doute, la présence des évangiles dans les Offices du matin et du soir crée une connivence avec l’Eucharistie. Ces deux célébrations nous font célébrer la nouvelle alliance avec Dieu dans le Christ mort et ressuscité.

Parfois, on reproche à la liturgie des Heures de confiner les disciples du Christ à l’ancienne alliance. Comme si les psaumes n’étaient pas en eux-mêmes des prophéties de la nouvelle alliance. Comme si les cantiques évangéliques (de Zacharie et de Marie) ne nous offraient pas une nouvelle lecture, un nouveau regard sur les vieux poèmes qui ont précédé le Seigneur. La liturgie des Heures – comme l’Eucharistie – nous conduit à la source et au sommet de la vie chrétienne, le Christ lui-même.

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