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Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
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Travailler, c’est trop dur : Je ne suis pas là pour être aimé et Le Couperet

Imprimer Par Gilles Leblanc

Septembre marque le temps de la rentrée et conséquemment, la reprise du travail régulier. Les deux films que nous présentons proposent justement une réflexion sur des dimensions du travail : la lassitude qu’il peut engendrer et la pénible expérience du chômage

Je ne suis pas là pour être aimé

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Six ans après Le Bleu des villes, film magnifique, le réalisateur Stéphane Brizé raconte, dans un style apparenté, la prise de conscience douloureuse d’un homme qui a tourné le dos à ses rêves.

Au début de la cinquantaine, cet homme c’est Jean-Claude, un huissier divorcé, qui dirige sans enthousiasme l’étude léguée par son père. Sur recommandation de son médecin, il s’inscrit à une classe de tango et il y fait la connaissance de Françoise, une conseillère en orientation qui lui fait une cour discrète, à laquelle il répond timidement malgré son intérêt évident. Apprenant que la jeune dame est sur le point de se marier, Jean-Claude sort de ses gonds et règle ses comptes, d’abord avec son père, vieillard aigri et capricieux qui l’inonde de remontrances à chacune de ses visites, puis avec lui-même qui passe à côté de sa vie.

S’appuyant sur un scénario solide qui laisse de la place au mystère et aux non-dits, le cinéaste réalise une œuvre émouvante sur la relation filiale et la vie sans amour. À noter que les personnages (dont Patrick Chesnais dans le rôle-titre) parlent souvent davantage avec leur expression corporelle que dans les dialogues. D’autre part, les scènes de danse sont présentées comme des instants de liberté qui donnent beaucoup de charme à ce film exquis.

Le Couperet

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À travers cette adaptation d’un roman de Donald Westlake, le réputé réalisateur Costa-Gavras poursuit son observation d’individus aux prises avec des forces extérieures qui les enserrent comme un étau. Après les dictatures (Z), la religion (Amen), la famille (Music Box), le cinéaste se penche ici sur la mondialisation, un phénomène qui secoue toutes les économies occidentales et plus particulièrement le secteur du travail.

Un peu plus de deux ans sa mise à pied, Bruno, 41 ans, cherche toujours un emploi. Cadre spécialisé dans la papeterie et époux assez terne de Marlène, laquelle se dévoue auprès de leurs deux enfants adolescents et qui réussit à maintenir le niveau de vie de la famille, le chômeur décide de faire paraître une fausse offre d’emploi pour connaître l’identité de ses rivaux sur le marché de l’emploi. Son enquête révèle que cinq personnes également sans travail possèdent les mêmes qualifications que Bruno. C’est alors le moment de mettre son plan sordide à exécution : les tuer, l’un après l’autre. Enfin, il lui faudra aussi liquider le pdg d’une usine dont il convoite le poste.

Utilisant une chronologie déconstruite, le réalisateur met en relief la folie du personnage dans une mise en scène assez raffinée. Bien connu pour ses rôles comiques, José Garcia nous conduit avec justesse et finesse dans les recoins de cette tragédie qui flirte avec la comédie noire.

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