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La routine

Imprimer Par Sophie Tremblay

Combien de personnes tendent à voir aujourd’hui la routine comme le terminus inévitable de la vie de couple. Lorsque les habitudes s’installent et que l’ardeur des débuts se calme, il n’est pas rare que cela soit interprété comme la mort lente de l’amour. Dans cette perspective, pense-ton, il ne reste que deux choix : mettre fin à la relation ou alors chercher à lui donner des électrochocs de surprise et de passion. Mais pourquoi considérer la routine d’une manière si négative? N’y a-t-il pas aussi une bonne nouvelle dans son apparition?

La routine du quotidien conjugal ne signifie-t-elle pas qu’on commence vraiment à mieux se connaître? Avec moitié moins de mots, on a appris à se décoder et parfois à se deviner. Les conflits sont moins fréquents et moins houleux. Les conjoints n’ont plus à s’épuiser, comme au début, pour apprendre à organiser la vie courante. Et puis, sans routine, comme un couple parviendrait-il à devenir famille? En elle-même, donc, la routine est ni positive ni négative, et tous les couples la vivent tôt ou tard. Mais qu’en feront-ils? Leur servira-t-elle à construire leur relation? Ou au contraire laisseront-ils l’indifférence s’installer?

La spiritualité conjugale peut conférer une autre dimension à la routine et aux défis qu’elle pose. À travers la routine conjugale se présente un appel à continuer de s’émerveiller de l’autre, de reconnaître ses dons et de le recevoir comme un cadeau de Dieu. Le risque serait de prendre l’autre définitivement pour acquis et de croire, à tort, qu’on en a fait le tour. Mais ne peut-on demeurer attentif, au fil des petits détails de la vie commune, aux forces, aux beautés et à la bonté de l’autre qui s’y expriment tout naturellement? En l’autre, un visage unique de Dieu se reflète.

Un autre appel important est celui de résister à la tentation de mener des vies parallèles. Se soustraire à l’intimité avec l’autre, cesser de partager ensemble ce qu’on porte au fond de soi, voilà qui érode lentement mais sûrement la relation. Oser garder l’interaction ouverte dans le couple est souvent lié à l’ouverture à l’Esprit Saint. La routine fait partie de la vie spirituelle comme de la vie conjugale.

Il peut aussi arriver qu’on cesse de se laisser surprendre par Dieu. Or la relation conjugale est un signe privilégié de l’amour qui unit Dieu à chacun de nous. Quand on se laisse surprendre et toucher par son compagnon ou sa compagne de vie, l’amour de Dieu trouve de nouveaux chemins pour nous rejoindre. L’enjeu est aussi de devenir capable de se laisser aimer par la personne qui connaît le mieux nos défauts et nos limites. N’est-il pas tout aussi exigeant de croire que Dieu puisse nous chérir avec toutes nos imperfections, et non seulement en dépit d’elles? Lorsqu’on se sait ainsi aimé, ne devient-il pas moins ardu de s’aimer mutuellement avec toutes les petites manies et les petits irritants qui font partie intégrante de la routine quotidienne?

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