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Patristique

Journal inédit pour un mois de novembre

Imprimer Par Cyprien

SAINT CYPRIEN- Né vers 200 de parents païens, Cyprien mena d’abord une vie dissolue tout en étant brillant orateur. Après sa conversion, il devint évêque en 248 et toutes les églises d’Afrique relevaient de lui. En 250, la persécution éclate et Cyprien s’exile pour le bien des siens ; en 258, nouvelle persécution et Cyprien est alors décapité. Que savons-nous de ce Père de l’église ? Le journal intime n’était pas son fort, non plus que les « confessions » à la manière de saint Augustin. Il a toutefois un jour évoqué son Baptême : « Lorsque je gisais dans le noir d’une aveugle nuit… privé dans mon inconsciente vie de lumière et de vérité, je trouvai à cause de ma propre conduite le salut promis par le miséricorde de Dieu. Renaître à nouveau : sortir de sa vieille peau pour se revigorer au contact de l’eau salutaire ; changer d’âme et de mentalité et cela sans perdre corps… Impossible saisi d’un tel retournement ! Impossible d’évacuer tout ce qui, né en moi, y a creusé son trou, ni rien de ce qui, venu du dehors, a pris racine en moi. » Et pourtant le païen converti, en face de la mort, le pasteur responsable de 150 évêchés, a su nous convier à la joie de l’espérance avec ses propos que nous pouvons deviner sur les lèvres de certains croyants même de nos jours.

Nous ne devons pas pleurer nos frères que l’appel du Seigneur a retirés de ce monde, puisque nous savons qu’ils ne sont pas perdus, mais partis avant nous : ils nous ont quittés comme des voyageurs, des navigateurs, pour nous précéder. Nous devrions les envier au lieu de les pleurer, et ne pas nous vêtir ici-bas de sombres vêtements alors qu’ils ont revêtu là-haut des robes blanches. Ne donnons pas aux païens l’occasion de nous reprocher avec raison de nous lamenter sur ceux que nous déclarons vivants près de Dieu, comme s’ils étaient anéantis et perdus. Nous trahissons notre espérance et notre foi si ce que nous disons paraît simulacre, feinte et mensonge. Il ne sert à rien d’affirmer son courage en parole et d’en détruire la vérité par les faits.

L’apôtre Paul, d’ailleurs, adresse reproches et objurgations à ceux qui s’affligent du départ des leurs : Au sujet des morts, dit-il, nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance, afin que vous ne vous affligiez pas comme le font les autres hommes, privés d’espérance. Si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, il nous faut croire aussi que Dieu emmènera avec lui ceux qui sont morts en appartenant à Jésus ( 1 Thess. 4 : 13-14)… Et le Christ, notre Seigneur et notre Dieu, nous avertit par ces paroles : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui croit en moi ne mourra jamais (Jn. 11 : 25-26) Si nous croyons au Christ, si nous avons foi en sa parole et en ses promesses, et si nous ne devons jamais mourir, allons avec une joie confiante vers le Christ avec qui nous vivrons et régnerons éternellement.

Lorsque nous mourons, nous passons par la mort à l’immortalité ; et la vie éternelle ne peut être donnée que si nous sortons de ce monde. Ce n’est pas là un point final mais un passage. Au terme de notre voyage dans le temps, c’est notre passage dans l’éternité. Qui ne se hâterait vers un plus grand bien ? Qui ne désirerait être changé et transformé à l’image du Christ et parvenir plus vite à la dignité de la gloire céleste ? Notre cité, dit saint Paul, c’est le ciel. C’est de là que nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus Christ. Il transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire (Phil. 3 : 20-21).

Aspirons, mes frères, au jour qui doit assigner à chacun sa vraie demeure et qui, après nous avoir arrachés à ce monde et libérés de ses pièges, nous rendra le paradis et le Royaume. Quel voyageur lointain n’aurait hâte de rentrer dans sa patrie ? Quel navigateur pressé de revoir les siens ne souhaiterait avec ardeur qu’un vent favorable lui permît d’embrasser plus vite ceux qui lui sont chers ? Notre patrie, c’est le ciel… Là un grand nombre d’êtres chers nous attend, une immense foule de parents, de frères et de fils nous désire ; assurés désormais de leur salut, ils pensent au notre… Hâtons-nous d’arriver à eux, souhaitons ardemment d’être vite auprès d’eux et d’être vite auprès du Christ.

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