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La prière d’intercession

Imprimer Par Dietrich Boenhoeffer

Pasteur et théologien luthérien, né en 1906 à Breslau (actuellement Wroclaw en Pologne). Sixième enfant d’une famille de huit, Bonhoeffer fut élevé dans l’esprit du Kulturprotestantismus. Durant sa jeunesse, il reçut une éducation musicale assez poussée et devint un excellent pianiste. En 1912, sa famille s’installa à Berlin, où le père avait obtenu une charge d’enseignant. L’influence de la bourgeoisie cultivée de Berlin marqua le jeune Bonhoeffer profondément. Vers 1924-1925, Bonhoeffer se plongea dans la théologie de Karl Barth, qui le libéra du subjectivisme et de l’idéalisme allemand. En 1927, à l’âge de 21 ans, il passa sa thèse de doctorat dont le sujet était Sanctorum communio: Une recherche dogmatique sur la sociologie de l’Église. En 1932, après avoir envisagé momentanément la carrière universitaire, cet élève d’Adolf von Harnack, consacré entre-temps pasteur, se tourna définitivement vers le pastorat.

L’année suivante, en janvier, Hitler arriva au pouvoir. Dès avril, Bonhoeffer manifesta son opposition aux mesures antisémites du régime nazi en s’engageant dans l’aile «radicale» de l’Église confessante. En 1935, il devint directeur d’un séminaire pastoral à Finkenwalde. Cette période de directorat fut très féconde: Bonhoeffer publia Le prix de la Grâce (1937) et De la vie communautaire (1939), où il affirmait la nécessité de la foi et la responsabilité de l’Église dans le monde. Pendant la guerre, tout en poursuivant son oeuvre de théologien, il travailla pour les services de contre-espionnage allemand en cherchant à établir des contacts entre la résistance allemande et les forces alliées. Après un bref séjour aux États-Unis, il retourna en Allemagne, où il était interdit d’enseignement. Il fut arrêté par la Gestapo en avril 1943 pour avoir participé au mouvement d’opposition à Hitler dirigé par von Stauffenberg. Le 9 avril 1945, Bonhoeffer fut pendu au camp de concentration de Flossenbürg. Ses derniers écrits, des lettres de captivité, ont été rassemblées sous le titre Résistance et soumission.

Une communauté chrétienne vit de l’intercession de ses membres, sinon elle meurt

Quand je prie pour un frère, je ne peux plus en dépit de toutes les misères qu’il peut me faire, le condamner ou le haïr. Si odieux et si insupportable que me soit son visage, il prend au cours de l’intercession l’aspect de frère pour lequel le Christ est mort, l’aspect du pécheur gracié. Quelle découverte apaisante pour le chrétien que l’intercession : il n’existe plus d’antipathie, de tension ou de désaccord personnel dont, pour autant qu’il dépend de nous, nous ne puissions triompher. L’intercession est bain de purification où, chaque jour, le fidèle et la communauté doivent se plonger. Elle peut signifier parfois une lutte très dure avec tel d’entre nos frères, mais une promesse de victoire repose sur elle.
Comment est-ce possible ? C’est que l’intercession n’est rien d’autre que l’acte par lequel nous présentons à Dieu notre frère en cherchant à le voir sous la croix du Christ, comme un homme pauvre et pécheur qui a besoin de sa grâce. Dans cette perspective, tout ce qui me le rend odieux disparaît, je le vois dans toute son indigence, dans toute sa détresse, et sa misère et son péché me pèsent comme s’ils étaient miens, de sorte que je ne puis plus rien faire d’autre que prier : Seigneur agis toi-même sur lui, selon Ta sévérité et Ta bonté. Intercéder signifie mettre notre frère au bénéfice du même droit que nous avons reçu nous-mêmes ; le droit de nous présenter devant le Christ pour avoir part à sa miséricorde.
Par là nous voyons que notre intercession est un service que nous devons chaque jour à Dieu et à nos frères. Refuser à notre prochain notre intercession c’est lui refuser le service chrétien par excellence. Nous voyons aussi que l’intercession est, non pas une chose générale, vague, mais un acte absolument concret. Il s’agit de prier pour telles personnes, telles difficultés et plus l’intercession est précise, et plus aussi elle est féconde.

Au terme de cette journée

Seigneur Dieu, je te rends grâces
d’avoir mené à terme cette journée;
je te rends grâces d’apaiser
mon corps et mon âme.
Ta main était sur moi, elle m’a gardée.
Pardonne mon manque de foi
et tout le mal de cette journée.
Aide-moi à pardonner
à ceux qui m’ont fait du tort.
Fais-moi dormir paisiblement sous ta garde
et préserve-moi des tentations de la nuit.
Je te confie les miens, je te confie cette maison,
je te confie mon corps et mon âme.
Que ton nom soit loué.
O Dieu
J’ai confiance en ta grâce
et remets entièrement ma vie entre tes mains.
Fais de moi ce que bon te semblera
comme étant le meilleur qui puisse m’arriver.
Que je vive ou que je meure
je suis avec Toi
et Toi ô mon Dieu,
Tu es avec moi .
J’attends Ton salut et ton Royaume
Amen.

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