École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.
École de la prière

La prière fait les cent pas…

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Prier ! Toujours prier ! Une préoccupation de beaucoup de chrétiens et de chrétiennes depuis que Jésus en a fait la demande, parabole à l’appui (cf. Luc 18, 1-8) ! Les lettres de Paul fourmillent de témoignages de sa constante prière et d’exhortations à prier sans cesse (cf. 1 Thessaloniciens 5, 17).

À travers les siècles, on a pris au sérieux cette invitation. On a inventé mille formes de prière pour y correspondre. On a même institué des manières de vivre ensemble où la prière tient la première place. La vie monastique en est sans doute l’exemple le plus frappant.

Prier sans cesse pour être sans cesse en présence de Dieu. Prier sans cesse pour garder la communion et agir en harmonie, en lien avec le Seigneur. La prière crée et soutient la relation à Dieu. Elle est une des voies d’accès au mystère de Dieu.

UN AUTRE REGARD

La prière donne aussi un regard différent sur les êtres et les événements. À travers elle, l’Esprit projette sa lumière sur le quotidien. Il en révèle le sens. Dans la prière, nous nous approprions le regard de Dieu sur toute chose. Prier, c’est souvent raconter à Dieu ce que nous vivons. Et laisser Dieu nous raconter ce qu’il vit avec nous.

Pas surprenant que nous fabriquions des temps de prière pour diverses circonstances. Il s’agit moins de bénir le quotidien que de reconnaître que Dieu l’a déjà béni. Reconnaître qu’il en fait un lieu de rencontre avec nous, un lieu de salut. Reconnaître que telle situation, tel événement, telle circonstance peut être un temps de grâce, c’est-à-dire un temps où Dieu exprime son amour en toute gratuité, gracieusement !

Nous pouvons donc prier à l’occasion des repas, des réunions, des sessions, des départs et des arrivées, avant d’étudier ou de se lancer dans un projet. Nous pouvons prier quand la vie est belle et quand elle l’est moins, quand nous traversons un moment pénible ou qu’il nous arrive une bonne nouvelle. Nous pouvons prier à la jointure du jour et de la nuit, comme au milieu de la journée ou en pleine nuit.

LA VIE DANS UN BON CADRE

Tout peut être prétexte à la prière. Pré-texte ou post-face, selon les situations ! La prière peut introduire ou conclure. Elle encadre la vie. Comme les bons cadres, elle donne du relief à l’œuvre d’art que nous sommes en train de peindre au quotidien. Et finalement, elle fait reconnaître Dieu au cœur du tableau. L’essentiel est là.

La liturgie des Heures est née pour remplir cette fonction. Elle dure à travers les siècles sans changer d’objectif. Les psaumes nous offrent 150 situations diverses pour diverses circonstances ou divers états d’âme. Cent cinquante, et probablement bien davantage, car l’un ou l’autre psaume peut très bien refléter plusieurs situations. La Parole de Dieu, les hymnes, les intercessions offrent, elles aussi, de quoi favoriser la prière aux différentes haltes de nos journées.

Bref, la prière fait les cent pas devant notre château intérieur, comme la sentinelle qui guette le Visiteur. Jour après jour, elle peut le reconnaître, lui souhaiter la bienvenue et l’introduire au plus intime de nous-mêmes.

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