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Responsable de la chronique : Jacques Sylvestre, o.p.
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Henri Boulad. L’amour fou de Dieu

Imprimer Par Sophie Tremblay

BouladeCe petit livre publié aux éditions Anne Sigier reprend quatre conférences données par le père Henri Boulad, jésuite égyptien. Voici un ouvrage rafraîchissant et très accessible qu’il fait bon lire pour redonner du souffle à sa vie spirituelle. Le propos est libre, ouvert, enthousiaste: une véritable cure de Jouvence pour croyants déprimés.

Le père Boulad rappelle à ses auditeurs et ses auditrices à quel point la foi en l’Esprit Saint est vitale, fondamentale. Alors que les traités de théologie tendent à donner un visage abstrait à l’Esprit, le père Boulad s’efforce d’en dessiner un visage concret à travers l’expérience quotidienne des humains. Loin de se désoler des changements nombreux qui affectent notre époque, il reconnaît le dynamisme de l’Esprit dans la créativité des humains mis au défi de s’adapter et d’évoluer. Nous avons été créés fils et images de Dieu par l’Esprit, affirme-t-il. L’éternité divine est désormais inscrite dans l’homme grâce à ce souffle qui l’habite. (p. 60)

Le regard de l’auteur sur l’humanité se fait admiration, louange, émerveillement. On y reconnaît des accents zundéliens. Dans l’une des conférences, il avoue choisir parfois une photo de visage pour thème de sa méditation, de sa prière. À ses yeux, la noblesse des humains vient de l’habitation en eux de l’Esprit même de Dieu. Cette noblesse n’a rien avec voir avec la naissance, la richesse ou la célébrité. Elle est inaliénable et on peut la reconnaître chez les plus humbles et les plus démunis.

Le père Boulad témoigne de son expérience personnelle de l’amour de Dieu. Il veut mettre en évidence le caractère intime et personnel de cet amour. Il démontre à quel point le langage biblique de l’Alliance accentue ce caractère relationnel unique, contrairement à l’héritage de la philosophie grecque qui donne de Dieu une image distante, au-dessus de tout. L’amour de Dieu est bien offert à tous, il est inclusif plutôt qu’exclusif. Toutefois, cet amour ne peut être éprouvé que dans une expérience singulière, personnelle. Le Dieu tout-autre est aussi le Dieu tout-proche: l’opposition entre proximité et distance s’abolit. (p. 53) L’action de l’Esprit en nous illustre bien ce paradoxe: il agit au plus intime de nous-mêmes et nous attire vers ce qu’il y a de plus élevé, de plus grand. Le livre du père Boulad constitue une invitation vibrante à se laisser bouleverser par l’amour fou de Dieu.

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