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Responsable de la chronique : Jacques Sylvestre, o.p.
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Alberto Maggi. Comment lire l’Évangile sans perdre la foi

Imprimer Par Sophie Tremblay

MaggiLes évangiles ont été écrits pour susciter la foi, mais pour beaucoup d’hommes et de femmes de notre temps, ils semblent plutôt y faire obstacle. Ils posent un défi continuel au bon sens en accumulant les absurdités et les incohérences. Les textes évangéliques paraissent rébarbatifs en raison de leur genre littéraire étranger aux références culturelles communes des sociétés occidentales.

Dans ce livre, Alberto Maggi replace les récits évangéliques dans le contexte culturel de leur rédaction. Il fournit des clés d’interprétation nécessaires à la compréhension de plusieurs récits bien connus des quatre évangiles. L’auteur est bibliste mais il se consacre à la vulgarisation des résultats de la recherche. Chacun des courts chapitres de cet ouvrage constituait au départ des articles publiés dans une revue italienne à grand tirage. Ce livre ne s’encombre donc pas de vocabulaire savant ni d’analyses compliquées. Il est accessible à tout lecteur intrigué par le Nouveau Testament. Cet ouvrage peut s’avérer fort utile aux homélistes, aux animateurs de pastorale et aux catéchètes. Il s’agit d’une belle suggestion de cadeau de Noël.

Dans chaque chapitre, bon nombre de découvertes et de surprises attendent le lecteur. Dans la culture orientale du premier siècle, on parle par images et par symboles. Cependant, ces images ne peuvent être assimilées directement à nos interprétations habituelles. Parfois, elles s’y opposent. À titre d’exemple, l’oie représente la sagesse dans la culture hébraïque, tandis qu’elle connote pour nous la stupidité. Quand Jésus compare Hérode à un renard (Lc 13,32), il le dépeint comme un être insignifiant et non comme un homme rusé. En effet, dans la culture sémitique, le renard est l’animal le plus insignifiant de la création.

Au sujet des récits de l’enfance de Jésus qui commencent l’évangile de Matthieu et celui de Luc, Alberto Maggi nous apprend que les mages de Matthieu ne sont pas des rois. Les mages sont des devins, des astrologues, des sorciers païens qui pratiquent une activité jugée impure par la loi mosaïque. Ces hommes théoriquement exclus du salut seront les premiers à accueillir la présence de Dieu dans l’humanité. De même, les bergers de Luc, auxquels les anges annonceront la naissance de Jésus, constituent des personnages marginaux et rejetés de la société juive. Leur travail les rend impossible de respecter la loi et ils vivent donc dans une impureté permanente. Les évangiles de l’enfance révèlent donc une nouveauté saisissante, celle d’un Dieu qui manifeste son amour à tous les humains, sans égard pour leur statut social et pour leur rectitude morale ou religieuse.

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