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Espérance, espérance, espérance !

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Cette semaine, j’ai rendu visite à Jacqueline, une étudiante universitaire, originaire du Cameroun. Jacqueline me présenta son enfant de dix mois, un beau garçon au nom délicieux. Il s’appelle Loïc. L’enfant me regardait; il souriait comme s’il me connaissait depuis toujours. Il était en confiance. J’avais devant moi une image de l’espérance. Loïc a un tout petit passé de dix mois, mais nous espérons que de nombreuses années d’avenir se trouvent devant lui. Son histoire est courte, très courte, mais son avenir, nous le souhaitons très grand. Cet enfant est tout entier promesse, rêve, aspiration, espérance.

Au théâtre du monde, on joue souvent la carte de l’inquiétude et de la morosité. Nos sociétés traversent des moments de grande turbulence. Les découvertes scientifiques et les changements technologiques amènent des bouleversements de toute sorte. Les avancées de la biologie et de la médecine nous laissent deviner les immenses potentialités de la nature. En même temps, nous avons peur des dérives possibles, par exemple en matière de manipulations génétiques. Le phénomène de la mondialisation nous envahit. Il a sans doute de bons côtés, mais nous sommes perplexes devant ses effets nocifs. Alors que nous produisons de plus en plus de richesses, la pauvreté inonde nos sociétés modernes et pas seulement les pays dont le développement est peu avancé. La famille et le couple connaissent aussi l’épreuve. Persévérer en amour n’a jamais été facile, mais actuellement c’est un défi de taille. La terre subit donc un coup de vieux. Elle attrape tous les virus qui passent. Elle faiblit. La crise est forte. La nuit est longue. Comme dirait le marin ou le nageur, la terre en boit une tasse!

Dans ce tableau sombre et inquiétant, apparaît Loïc. Cet enfant vient contester les vieillissements de notre monde. Il vient dire à nos rides et à nos courbatures que la vie est forte, puissante. À nos hésitations, à nos retenues, il parle d’audace, d’intrépidité. C’est un peu naïf, de la naïveté qui habite tous les enfants. Après tout, les enfants ont, de la vie, une trop courte expérience pour jauger vraiment bien la réalité. Mais, par contre, ils n’ont pas nos préjugés, nos idées toutes faites. Leur regard est neuf, leur imagination inventive. Les enfants nous interpellent. Ils nous donnent un témoignage de confiance. Ils nous invitent à oser.

En cela, Loïc et sa génération nous parlent à la manière de Jésus de Nazareth. Un jour, Jésus évoquait les changements du monde. Il décrivait les transformations radicales que doit subir l’univers. Au milieu de son discours, il lança: «Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête» (Luc 21, 28). Je comprends ces mots comme ceci: résistez, ne baissez pas les bras, ne succombez pas à la tentation de la peur, ne vous laissez pas abattre par les moments pénibles que vous traversez. Au lieu de subir, prenez l’affaire en main. Ne fuyez pas. Osez. Inventez des solutions neuves pour les situations inédites que vous connaissez. N’oubliez pas la leçon que vous donnent les enfants.

Espérance, espérance, espérance. D’autant plus que nous avons été créés par un artisan de vie. Dieu donne la vie et ne peut que donner la vie. Son souffle peut même ressusciter les morts. Déjà, il a ressuscité Jésus de Nazareth. C’est la promesse de bonheur que le créateur adresse à toute l’humanité.

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