Category Archives: Trésors des religions

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Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

Bénédiction avant de tailler une pirogue

 

Quand mon père va couper le caïlcédrat pour en faire une pirogue, il emmène ses haches dans son sac, et va s’asseoir auprès de l’arbre en question. Il dit :

Ce travail, c’est Dieu lui-même qui l’a remis à son ancêtre,
et son ancêtre à son tour l,a transmis à son père,
puis aujourd’hui c’est arrivé sur sa tête à lui, son fils.
Le caïlcédrat qu’il couper là, qu’il aille sur l’eau,
que ceux qui sont montés dedans prennent du poisson,
que ceux qui sont montés dedans prennent du gibier,
que le lion n’attrape personne dans cette pirogue,
que le monstre marin n’attrape personne dans cette pirogue,
que cette pirogue ne se perde pas sous l’eau.
Et s’il ne parle pas selon l’ordre de Dieu à son ancêtre,
que le malheur tombe sur lui-même
et non pas sur quelqu’un d’autre.

Ainsi, quand mon père prononce cette bénédiction, il invoque le nom de Dieu avant de tailler la pirogue.

Voici la hache,
je la mets sur la racine de l’arbre.
Que personne ne soit blessé,
que la hache ne coupe personne,
que les bêtes n’attrapent personne,
que personne n’ait à souffrir.
Je n’ai pas usurpé ce pouvoir,
ni ne l’ai inventé de toutes pièces :
c’est mon père lui-même qui m’a remis la hache,
disant que s’il venait à mourir,
que je pose la hache à la racine de l’arbre
et le coupe pour mes frères.

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Elohénou – Notre Dieu et Dieu de nos Pères

 

Elohénou – Notre Dieu et Dieu de nos Pères. Beaucoup de textes de la liturgie hébraïque commencent par cette invocation qui place le fidèle dans la continuité d’une filiation.

C’est par le mérite des pères, eux aussi constitués en intercesseurs auprès du Trône divin, que peuvent être pardonnés les enfants «prisonniers de l’espérance».

Ce poème anonyme fait par ailleurs référence au sanhédrin, la Haute Cour de justice qui siégeait à l’époque du second Temple et dans les siècles suivants.

Ô notre père, père miséricordieux.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Notre Dieu, Dieu de nos pères.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Dans notre détresse nous t’invoquons.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Fais déferler sur nous la multitude de tes miséricordes.
Délivre-nous en faveur de ton nom
Nous te cherchons, laisse-moi te trouver.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Exauce-nous en ce jour et chaque jour par nos prières.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Ne déçois pas notre espérance.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Souviens-toi de nous de manière favorable.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Aie pitié et sois miséricordieux.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Purifie-nous des impuretés de nos fautes.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Que tes miséricordes s’ébranlent en notre faveur.
Délivre-nous en faveur de ton nom.

Aie pitié de ton peuple, sois miséricordieux à l’égard de ton héritage. Compatis à la hauteur de tes miséricordes. Prends-nous en grâce, ô notre Roi, et exauce-nous.

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Prière au Dieu suprême, créateur

 

Cette prière s’adresse, chez les Bédouins rouala, à Nhialic, l’être suprême; le nom signifie «Celui qui est en haut», du locatif nhial «en haut».

Ô Père, créateur, Dieu-Père, aide-moi!
Je t’invoque, ô mon père!
C’est à toi, père, que je m’adresse,
c’est vers toi, mon dieu, que je me tourne,
ô Père créateur, je me tourne vers toi.
Dieu père, je te prie.
C’est à toi, au temps de la nouvelle lune que j’adresserai ma supplication.
Dieu reconnaît les ancêtres qui se réconcilient avec lui.

Venez implorer Dieu pour qu’il donne vie à l’homme,
venez recevoir de Dieu la vie.
La pluie mêlée aux rayons du soleil nous donnera la vie.

Implorez la vie pour les troupeaux et pour les hommes.
Immolez le bœuf blanc afin que Dieu s’approche,
afin que le Père nous donne la vie.
Deng et Abouk invoquent la vie;
Immolez le bœuf afin que Dieu s’approche.

Allons, réunissons-nous!
Le Père créateur a de la vie à dispenser,
Le Grand Homme a la vie.

Le Père créateur, viens, nous voici réunis.
Accorde la vie aux troupeaux et aux hommes.
Viens, ô Père!
Comment me réconcilier avec toi?
Allez invoquer le Seigneur!

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Recouvre-le d’un pan de ton manteau

 

Recouvre-le d’un pan de ton manteau, ô Terre, comme fait une mère pour son fils!

Cet hymne tardif du Rig Veda, repris presque littéralement dans les « Traités de rituel domestique », s’adresse tantôt au mort que l’on prie de s’éloigner, tantôt à des puissances divines, particulièrement la Terre Mère, qui est ici invoquée de façon très émouvante. On a le sentiment que le mort, ici un homme de la classe des guerriers (kshatriya) est inhumé, mais, selon les commentateurs, il se peut que ce soit l’urne contenant ses cendres qui fasse l’objet de ce rite.

Va t’en, ô Mort, prends l’autre route,

celle qui est tienne, distincte de la voie des dieux!

Je te le dis, toi qui as des yeux, qui as des oreilles :

ne fais pas de dommage à nos enfants, à nos fils!

Quand vous allez, brouillant les pas de la mort,

portant plus loin votre durée de vie plus longue,

gonflés de progéniture et de richesses,

soyez alors purs et sanctifiés, ô vénérables!

Ces vivants se séparent à présent des morts.

L’appel aux dieux nous est aujourd’hui favorable.

Nous sommes allés au-devant de la danse et des rires, 

portant plus loin notre durée de vie plus longue.

J’installe cette barricade pour les vivants,

qu’aucun autre parmi eux n’atteigne cette limite!

Qu’ils vivent cent automnes dans l’abondance

et placent la mort au-dedans de la montagne!

[…]

Rampe sous cette terre qui est ta mère,

la terre au vaste domaine, aux bonnes faveurs!

Vierge à la douceur de laine pour qui donne,

qu’elle te garde du séjour du Néant!

Forme une voussure, ô terre, ne l’écrase point!

Donne-lui heureuse entrée, heureux hébergement!

Recouvre-le d’un pan de ton manteau

ô terre, comme fait une mère pour son fils!

Formant une voussure, que la terre se tienne solide!

Car mille colonnes sont à édifier.

Que cette maison ruisselle de beurre [sacré].

et lui soit en tous temps un refuge!

J’étaye la terre au-dessus de toi.

En plaçant cette motte, puissé-je ne pas te léser!

Que les pères soutiennent ces piliers!

Que Yama construise ici pour toi une demeure!

Rig Veda X, 18, dans Hymnes spéculatifs du Veda, trad. fr. L, Renou,

Paris Gallimard/Unesco, 1956, p. 63-65.

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Barou’h chéamar – Béni soit celui qui a dit…

Selon la légende, les Sages de la Grande Assemblée qui siégeaient à Jérusalem à l’époque du Temple, chargés de légiférer, ont rédigé ces louanges en copiant un texte inspiré par le ciel. Dans cette bénédiction, le mot Barou’h « Béni » est répété à treize reprises, qui correspondent aux treize attributs divins de miséricorde. Avec cette prière commence la deuxième partie de l’office du matin, pessouké de zimra, versets des chants qui ont pour but de glorifier l’Éternel pour mieux préparer le fidèle à la prière, le mettre en situation d’invoquer le Créateur.

Béni soit celui qui a dit et le monde fut.
Béni celui qui dit et accomplit. Béni soit-il!
Béni soit celui qui décrète et réalise.
Béni soit l’auteur de la création.
Béni soit celui qui prend la terre en pitié.
Béni soit celui qui prend les créatures en pitié.
Béni soit celui qui récompense ceux qui le craignent.
Béni, celui qui vit pour l’éternité, celui qui existe pour toujours!
Béni soit celui qui rachète et qui sauve; béni soit son nom!
Béni sois-tu, Éternel, Roi du monde, Dieu, père miséricordieux, célébré par la bouche de son peuple, loué, glorifié par ceux qui l’aiment, ses serviteurs.
Par les psaumes de David, ton serviteur, nous te louons, ô Éternel, notre Dieu.
Par des louanges et des cantiques, nous célébrons ta grandeur, nous te louons, nous te glorifions, nous te proclamons Roi et mentionnons ton Nom, ô notre Roi, notre Dieu Unique, éternellement Vivant. Roi révéré dont le grand Nom est glorifié à jamais.
Béni sois-tu, ô Dieu, Souverain magnifié par les louanges.
[…]


Michel MESLIN, dir., Quand les hommes parlent aux Dieux. Histoire de la prière dans les civilisations. Paris, Bayard, 2003, p. 260-261.

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Prière bouddhiste : Hymne à la perfection de la Sagesse

Dans le Traité de la Grande Vertu de la Sagesse, commentaire sur les textes sapientiels généralement attribué à Nagarjuna (I-IIe siècle de notre ère), nous trouvons cet hymne qui chante la grandeur de cette vertu qui est au cœur de l’expérience bouddhiste.

Hommage à toi ô inconcevable, immense Prajnaparamita!
De Membres irréprochables, tu es contemplée par les Irréprochables.
Immaculée comme l’espace, exempte de discours et de désignation,
celui qui te voit en vérité, celui-là voit le Tathagata.
Entre toi, qui es riche en qualités saintes, et le Bouddha maître du monde,
les bons ne voient pas plus de différence qu’entre la lune et le clair de lune.
De tous les héros qui se sont consacrés au bien d’autrui,
tu es la nourricière, la génitrice et la tendre mère.
Puisque les Bouddhas, les compatissants maîtres du monde, sont tes fils à toi,
tu es donc, ô vertueuse, la grand-mère de tous les êtres.
Une, bien que multiforme, tu es partout invoquée sous des noms divers
par les Tathagata, en présence des êtres à convertir.
Comme des gouttes de rosée en contact avec l’éclat [de l’astre] aux rayons flamboyants, les fautes et les avis des théoriciens se dissolvent à ton contact.
Sous ton aspect terrifiant, tu engendres la crainte chez les sots;
sous ton aspect aimable, tu engendres la confiance chez les sages.
Si celui qui se presse contre toi n’est pas reconnu pour ton époux,
comment, ô Mère, éprouverait-il de l’amour ou de la haine pour un autre objet?
Tu ne viens de nulle part, et tu ne vas nulle part;
en aucun endroit que ce soit, tu n’es perçue par les sages.
Celui qui te voit est entravé, celui qui ne te voit pas est entravé lui aussi;
celui qui te voit est libéré, celui qu ne te voit pas est libéré lui aussi.
Oh! Tu es étonnante, tu es profonde et glorieuse; tu es très difficile à connaître :
comme une magie, tu es vue et tu n’es pas vue.
Tu es cultivée par les Bouddhas, les Pratyekabouddhas et les Sravakas.
Tu es l’unique chemin de salut; il n’y en a point d’autre : c’est certain.
Recourant au langage ordinaire pour se faire comprendre des [êtres] corporels,
les Maîtres du monde, par compassion, parlent de toi et n’en parlent pas.
Qui serait capable de te louer, toi qui es sans marque et sans caractère?
Tu dépasses tout le domaine de la parole, toi qui ne t’appuie nulle part.
Mais, puisqu’il existe un langage conventionnel, de t’avoir louée par ces voies orales,
toi qui surpasses toute louange, nous sommes satisfaits et bien rassurés.

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Prière amérindienne pour la paix

Ô grand Esprit de nos ancêtres,
je lève mon calumet en ton honneur.

En celui de tes messagers les quatre vents,
et de la Terre mère qui nourrit tes enfants.

Donne-nous la sagesse d’apprendre à nos enfants
à aimer, à respecter et à être bons les uns avec les autres
afin de grandir dans la paix intérieure.

Laisse-nous apprendre à partager toutes les bonnes choses
que tu nous apportes sur cette terre.

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Prière pour les morts

À la mort d’un croyant, ses proches procèdent à sa toilette funéraire, le parfument et l’enveloppent dans un linceul. La dépouille est ensuite disposée orientée face à la Kaba. Les croyants se rangent derrière l’imam qui, par quatre fois, dit :

Dieu est plus grand !

Puis ils prononcent la formule d’entrée en prière suivie de la fâtiha, à laquelle succède cette oraison :

Seigneur Dieu, pardonne à nos vivants et à nos morts, à ceux des nôtres qui sont présents et à ceux qui sont absents, aux petits comme aux grands, aux hommes comme aux femmes. Seigneur Dieu, celui à qui Tu as permis de vivre, fais-le vivre selon l’islam, et celui qui que Tu as rappelé à Toi, fais-le revenir à Toi en croyant.

Seigneur Dieu, nettoie-le de ses fautes comme on enlève les taches d’un vêtement blanc.

Seigneur Dieu, lave-le donc de ses péchés par l’eau, la neige et la glace [ou : la grêle].

En clôture, les croyants récitent cette prière reçue du Prophète :

Seigneur Dieu, ne nous prive pas de sa récompense; ne nous mets pas à l’épreuve après son départ.

Lorsque le défunt est un enfant, la tradition recommande de prier en même temps pour ses parents. Après le troisième takbir (« Dieu est plus grand ! »), on récite :

Seigneur Dieu, fais de cet enfant une anticipation de bien pour ses parents, un précurseur en paradis et un intercesseur écouté.

Seigneur Dieu, grâce à lui, ajoute au poids de leurs bonnes actions et de leur récompense. 

Fais-lui rencontrer les saints de parmi les croyants et épargne-lui, par Ta grâce, les tourments de l’enfer.

Après la cérémonie, on porte de défunt en procession à sa dernière demeure. Ceux qui suivent la dépouille redoublent alors l’intensité de leurs prières en conformité avec cette tradition du Prophète :

Demandez le pardon pour votre frère et priez Dieu de le soutenir, car il est maintenant en train d’être interrogé.

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Michel Meslin, dir., Quand les hommes parlent aux dieux. Histoire de la prière dans les civilisations. Paris, Bayard, 2003, p. p.697-698.

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Pour le bonheur de tous

Le « Sutta de la bonté bienveillante », comme le « Sutta des bénédictions », est fréquemment récité publiquement par le sangha à la demande des laïcs, surtout là où se trouve l’ancienne école du Theravâda (École des Anciens).

Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, qui recherche le bien et a obtenu la Paix.

Qu’il soit appliqué, droit, parfaitement droit, sincère, humble, doux, sans orgueil, content de toute chose et joyeux; qu’il ne se laisse pas submerger par les soins du monde, qu’il ne se charge pas du fardeau des richesses, que ses sens soient maîtrisés; qu’il soit sage, sans être hautain, et ne convoite pas des biens de famille.

Qu’il ne fasse rien qui soit mesquin et que les sages puissent réprouver.

Que tous les êtres soient heureux.

Qu’ils soient en joie et en sûreté.

Toute chose qui est vivante, faible ou forte, élevée, moyenne ou basse, petite ou grande, visible ou invisible, près ou loin, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux.

Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit : que nul, par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre. Ainsi qu’une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans entraves doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante et infinie.

Étant debout ou marchant, étant assis ou couché, tant que l’on est éveillé on doit cultiver la pensée que cela est la manière de vivre la meilleure du monde.

Abandonnant les discussions oiseuses, ayant la vision intérieure profonde, débarrassé des appétits des sens, celui qui est perfectionné ne connaîtra plus de renaissances.

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Mettasutta (Sutta de la bonté bienveillante), dans Pirit Nula : le fil de Pirit,

Traduit du pâli par Marguerite La Fuente, Paris, Adrien Maisonneuve, 1951, p. 23-24.

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Protège le maître qui parle, l’élève qui écoute!

La Ganapati Upanishad est très représentative de l’hindouisme dit smârta – de smriti, « tradition, transmission ». Élaborés dans des milieux de brahmanes orthodoxes, qui entendent maintenir la vitalité des rites domestiques, les traités smârta se répartissent entre cinq divinités : Vishnu, Shiva, Durgâ (la déesse shivaïte), Sûrya (le Soleil) et Ganesha.

Le dieu au gros ventre et à tête d’éléphant est extrêmement populaire. Connu dès l’époque védique sous le nom de Ganapati, le « Seigneur des Gana » (littéralement « des catégories », désignant ici probablement des divinités inférieures), il sera ensuite donné comme l’auteur du Mahâbhârata, le poète Vyâsa n’ayant fait que copier l’épopée sous la dictée divine. Patron des lettres et de l’enseignement, il est le dieu des commencements, celui qui lève les obstacles; on l’invoque toujours au début d’un ouvrage, on place son effigie au seuil des maisons et des temples, ou sur les carrefours. Intégré au cycle de la mythologie shivaïte, il est le fils que la déesse a fabriqué toute seule et que le dieu jaloux a décapité puis remembré avec une tête d’éléphant. 

1. Om! Hommage à toi, Ganapati!

En vérité, tu es [la formule upanishadique :] « Cela tu l’es, Shvetaketu! »

rendue sensible aux yeux!

Nul autre que toi n’es le Créateur!

Nul autre que toi n’es le Protecteur!

Nul autre que toi n’es le Destructeur!

Tu es [la formule upanishadique :] « tout ici-bas est brahman! »

et, de façon perceptible [à nos sens], tu es [aussi] l’âtman, éternellement!

2. [Disant cela de toi, Ganapati,] je dis l’Ordre! je dis la Vérité!

3. Protège-moi!

Protège [le maître] qui parle, 

[l’élève] qui écoute;

protège [le maître] qui donne, qui impartit [l’enseignement]

et protège l’élève qui répète!

Protège-moi, [Ganapati, des dangers qui surviennent]

de par-derrière, [de ceux qui surviennent] de par-devant,

et de par la gauche, et de par la droite, et de par en haut, et de par en bas!

Oui, protège-moi, partout [et toujours, de tous les dangers] d’où qu’ils viennent!

Ganapati Upanishad I et II dans Ganapati Upanishad, trad, fr. Jean Varenne,

Paris, A. Maisonneuve, 1965, p. 9-10.

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