Archives pour la catégorie Trésors des religions

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

« En moi je Te vis, ô Toi »

Lallâ, ou Lalleshvarî, une grande poétesse qui a vécu entre 1350 et 1400, est la dernière des représentantes du shivaïsme cachemirien; elle est contemporaine du soufi Sayyid ‘Ali Hamadani, qui convertit le Cachemire à l’islam dans les années 1380. Elle témoigne de la rencontre entre des types d’expériences spirituelles analogues, malgré les conflits religieux, et de l’évolution de l’hindouïsme du Nord vers une forme de monothéisme. Lallâ est connue pour sa vie errante, transgressant toutes les conventions sociales, proclamant la vanité des pratiques rituelles, et pour son lyrisme extatique, qui s’exprime dans de courts poèmes, les shloka ou «Dits de Lallâ».


16
À réciter, à réciter encore, je me suis fatigué la langue et le palais,
Pourtant jusques à Toi jamais mes pratiques ne se sont élevées,
À égrener le rosaire, je me suis usé le pouce et l’index,
Pourtant la dualité n’a point encore quitté ma pensée.

37
Toi seul, Tu es le ciel, Toi seul, Tu es la terre.
Toi seul, Tu es le jour, l’air et la nuit.
L’offrande de grains, l’onction de santal, les fleurs et l’eau lustrale, c’est Toi.
Tu es tout, ô Toi seul, que puis-je alors T’offrir?

95
Toi seul, ô Dieu, imprègnes les formes, le monde tout entier.
Toi seul, ô Dieu, donnes aux corps le souffle de vie.
Toi seul, ô Dieu, résonnes en silence,
Qui donc, ô Dieu, connaîtrait Ta mesure?

132
En Toi-même absorbé, Tu me restais caché.
Je passais tout le jour à chercher Toi et moi.
Lorsqu’en moi je Te vis, ô Toi,
À Toi et à moi j’accordai un ravissement sans limites.

134
Seigneur! Je ne connaissais ni le Soi ni le Suprême,
Et toujours je me préoccupais de ce corps.
Que Tu es moi, que je suis Toi, pareille union point ne la connaissais.
Se demander «Qui suis-je?» ou «Qui es-tu?» est un doute.


Lallâ, Shloka 16, 37, 95, 132, 134, dans Les dits de Lallâ et la quête mystique,
présentation et trad. Fr. M. Bruno,
Paris, Éditions Les Deux Océans, 1999, p. 42, 50, 75, 92.


 

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Universalité de la prière

 

Dans le préambule du livre X des Lois, Platon (429-347 av. J.C.), le disciple de Socrate, présente le caractère universel de la prière comme une preuve de l’existence du divin puisque cette démarche existe même chez les Barbares, c’est-à-dire ceux qui ne parlent pas grec.


Comment sans colère, parlerait-on pour dire qu’il existe des Dieux?
Forcément en effet, nous supportons à coup sûr malaisément et nous haïssons ces gens qui nous sont obligés, qui nous obligent aujourd’hui, à parler là-dessus, faute pour eux d’ajouter foi aux discours que, dès leurs plus jeunes ans, encore à la mamelle, ils ont entendu tenir à leurs nourrices comme à leurs mères;
sortes d’incantations qu’accompagne une intention de divertissement, tout autant qu’une intention sérieuse;
ceux aussi qu’on entend dans les prières qui accompagnent les sacrifices;
lorsqu’on a devant les yeux ces visions qui suivent les paroles rituelles;
spectacle dont le charme, joint à celui des paroles entendues, est on ne peut plus grand pour la jeunesse, tandis qu’y procèdent les sacrificateurs;
quand cette jeunesse voit avec quel extrême sérieux ses père et mère s’adressent à la Divinité en leur propre faveur comme en faveur de leurs enfants, qu’elle les entend, dans des prières et supplications, tenir sérieusement aux Dieux des propos impliquant la foi la plus profonde en leur existence;
quand enfin, lorsque se lèvent le soleil et la lune, ou qu’ils vont vers leur couchant, on entend parler ou que l’on est témoin oculaire, chez tous les peuples grecs ou barbares, d’agenouillements et de prosternations, chaque fois qu’ils sont la proie de malheurs de toute nature, ou, aussi bien, que tout leur réussit;
ce qui suppose, non point qu’à leurs yeux ces astres ne sont pas des Dieux, mais qu’ils le sont au contraire au plus haut point et ne donnent lieu, d’aucune manière, au moindre soupçon quant à la réalité de leur nature divine;
quand, dis-je, tous ceux qui, sans s’appuyer, ainsi que l’affirmerait quiconque a le moindre brin d’intelligence, sur une seule raison qui vaille, font fi de toutes ces constatations, nous forçant à dire ce que nous disons, comment serait-il possible, en leur adressant des remontrances courtoises, de leur enseigner, pour commencer à traiter des Dieux, l’existence de ceux-ci?
Il faut pourtant s’y résoudre!


Platon, Œuvres complètes, Lois, X, 887 d-888 a, trad. J. Moreau
Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1950, p. 444-445.

 

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Prière musulmane : La prière secrète de Zacharie

 

À la différence de la Bible, le Coran passe pour ainsi dire sous silence l’angoisse d’Abraham se voyant vieillir sans que Dieu lui ait donné d’héritier. Il prête, par contre, à Zacharie, père de Jean Baptiste, une prière très semblable à celle du Patriarche dans la Bible. (La figure de Zacharie fait le lien, dans le Coran, entre celle d’Abraham et la manifestation de Jésus.)

Lors Zacharie invoqua son Seigneur : « Seigneur! Ne me laisse pas solitaire alors que Tu es le meilleur de ceux qui donnent héritage ; »
« Nous l’exauçâmes et lui accordâmes Jean après lui avoir apprêté son épouse. Tous trois s’empressaient dans les œuvres du bien et Nous invoquaient à la fois par amour et par crainte pieuse. Ils étaient humbles devant Nous » (C 21, 89-90).

Mais c’est dans la sourate 19, intitulée Maryam, que se trouve le récit le plus détaillé de cet épisode :

Rappel de la miséricorde de ton Seigneur envers Son serviteur-adorateur Zacharie
Lors, celui-ci fait appel à son Seigneur en secret
Il dit : « Seigneur, voilà que les os me lâchent et que ma tête s’allume de blancheur, et pourtant jamais jusqu’ici, Seigneur, Tu n’as laissé mon invocation sans réponse.
Or, ma femme étant stérile, je redoute ma parenté [après ma mort].
Accorde-moi donc un descendant venu de Toi
Qui hérite de moi et, par là, de la famille de Jacob
Et fais [surtout] Seigneur qu’il T’agrée » (C 19, 2-6)

Aussitôt Dieu répond au patriarche en lui annonçant un garçon. Cependant, pour punir Zacharie d’avoir douté en demandant à l’ange un signe pour confirmer son annonce, Dieu le frappe de mutité pour trois jours.

Cette naissance de Jean (Baptiste), présentée à partir de la demande de Zacharie, est elle-même tout ordonnée à la venue de Jésus, et donc en étroite relation avec la vocation de Marie.


Michel MESLIN dir., Quand les hommes parlent aux dieux, images et figures. Histoire de la prière dans les civilisations, Paris, Bayard, 2003, pp.672-673.

 

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Bouddhisme : Pour le bonheur de tous

 

Le «Sutta de la bonté bienveillante», comme le «Sutta des bénédictions», est fréquemment récité publiquement par le sangha à la demande des laïcs, surtout là où se trouve l’ancienne école du Theravâda (École des Anciens).

Voilà ce qui doit être accompli par celui qui est sage,
qui recherche le bien et a obtenu la Paix.
Qu’il soit appliqué, droit parfaitement droit, sincère, humble,
doux, sans orgueil, content de toute chose et joyeux;
qu’il ne se laisse pas submerger par les soins du monde,
qu’il ne se charge pas du fardeau des richesses,
que ses sens soient maîtrisés;
qu’il soit sage, sans être hautain, et ne convoite pas des biens de famille.
Qu’il ne fasse rien qui soit mesquin et que les sages puissent réprouver.
Que tous les êtres soient heureux.
Qu’ils soient en joie et en sûreté.
Toute chose qui est vivante, faible ou forte, élevée, moyenne ou basse,
petite ou grande, visible ou invisible, près ou loin, née ou à naître,
que tous ces êtres soient heureux.
Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit :
que nul, par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre.
Ainsi qu’une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant,
ainsi avec un esprit sans entraves doit-on chérir toute chose vivante,
aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation,
avec une bonté bienveillante et infinie.
Étant debout ou marchant, étant assis ou couché, tant que l’on est éveillé
on doit cultiver la pensée que cela est la manière de vivre la meilleure du monde.
Abandonnant les discussions oiseuses, ayant la vision intérieure profonde,
débarrassé des appétits des sens,
celui qui est perfectionné ne connaîtra plus de renaissances.


Mettasutta (Sutta de la bonté bienveillante),
Dans Pirit Nula : le fil de Pirit,
Trad. du pâli par Margueritte La Fuente,
Paris, Adrien Maisonneuve, 1951, p. 23-24.

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« En moi je Te vis, ô Toi »

Lallâ, ou Lalleshvarî, une grande poétesse qui a vécu entre 1350 et 1400, est la dernière des représentantes du shivaïsme cachemirien; elle est contemporaine du soufi Sayyid ‘Ali Hamadani, qui convertit le Cachemire à l’islam dans les années 1380. Elle témoigne de la rencontre entre des types d’expériences spirituelles analogues, malgré les conflits religieux, et de l’évolution de l’hindouïsme du Nord vers une forme de monothéisme. Lallâ est connue pour sa vie errante, transgressant toutes les conventions sociales, proclamant la vanité des pratiques rituelles, et pour son lyrisme extatique, qui s’exprime dans de courts poèmes, les shloka ou «Dits de Lallâ».


16
À réciter, à réciter encore, je me suis fatigué la langue et le palais,
Pourtant jusques à Toi jamais mes pratiques ne se sont élevées,
À égrener le rosaire, je me suis usé le pouce et l’index,
Pourtant la dualité n’a point encore quitté ma pensée.

37
Toi seul, Tu es le ciel, Toi seul, Tu es la terre.
Toi seul, Tu es le jour, l’air et la nuit.
L’offrande de grains, l’onction de santal, les fleurs et l’eau lustrale, c’est Toi.
Tu es tout, ô Toi seul, que puis-je alors T’offrir?

95
Toi seul, ô Dieu, imprègnes les formes, le monde tout entier.
Toi seul, ô Dieu, donnes aux corps le souffle de vie.
Toi seul, ô Dieu, résonnes en silence,
Qui donc, ô Dieu, connaîtrait Ta mesure?

132
En Toi-même absorbé, Tu me restais caché.
Je passais tout le jour à chercher Toi et moi.
Lorsqu’en moi je Te vis, ô Toi,
À Toi et à moi j’accordai un ravissement sans limites.

134
Seigneur! Je ne connaissais ni le Soi ni le Suprême,
Et toujours je me préoccupais de ce corps.
Que Tu es moi, que je suis Toi, pareille union point ne la connaissais.
Se demander «Qui suis-je?» ou «Qui es-tu?» est un doute.

Lallâ, Shloka 16, 37, 95, 132, 134, dans Les dits de Lallâ et la quête mystique,
présentation et trad. Fr. M. Bruno,
Paris, Éditions Les Deux Océans, 1999, p. 42, 50, 75, 92.

 

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Temple, synagogues et lieux de culte

 

QUESTION : Quelle est la différence entre le Temple, les synagogues et les autres lieux saints du monde de la Bible? (Roddi, Kinshasa R.D.C.)

RÉPONSE : Il s’agit de lieux de culte dont la différence est surtout chronologique. Les plus anciens textes bibliques indiquent que les premiers Israélites célébraient un culte surtout sacrificiel dans des anciens sanctuaires qui avaient été repris des Cananéens, comme Silo, Béthel, Gilgal, etc. Ces sanctuaires étaient le plus souvent situés soit au sommet d’une montagne, soit sous un arbre particulièrement majestueux, soit à côté d’une rivière, etc. Tout croyant pouvait y offrir des sacrifices d’animaux et des libations de liquides ainsi que d’autres offrandes végétales.

Selon les textes bibliques, c’est le roi Salomon (vers 950 avant notre ère) qui aurait construit le premier temple à Jérusalem, juste à côté de son palais. Ce temple était comme un méga sanctuaire où seuls les prêtres offraient le culte sacrificiel. Durant les siècles suivants, les fils d’Israël offrirent leur culte dans les sanctuaires traditionnels et dans le temple de Jérusalem. En 621 avant notre ère, le roi Josias entreprit la réforme deutéronomique selon laquelle seuls les sacrifices offerts dans le temple de Jérusalem étaient légitimes. Il semble que la réforme fut difficile à mettre en place, tant les cultes dans les sanctuaires traditionnels faisaient partie des habitudes et des traditions. Quoi qu’il en soit, le premier temple fut détruit par le roi Nabuchodonosor et les Babyloniens en 587 avant notre ère, qui exilèrent une partie de la population à Babylone.

Durant l’exil à Babylone, alors qu’il n’y avait ni roi ni temple, on situe généralement la naissance de la synagogue (qui signifie « assemblée » en grec). Il s’agit d’un lieu de culte qui n’est pas sacrificiel mais où la liturgie est essentiellement constituée de lectures de la Parole (la Tora et les prophètes), de chants et de prières. Lors du retour d’exil à partir de 538, alors que le pouvoir était passé aux Perses, on entreprit la difficile construction d’un second temple, ce qui fut fait finalement en 515. C’est ce temple que le roi Hérode le Grand rénova et amplifia beaucoup au point qu’il était considéré comme l’un des merveilles du monde romain. C’est le temple que Jésus a connu. Ce second temple fut détruit par les Romains en 70 de notre ère lors de la première révolte juive et ne fut jamais reconstruit. Pendant l’époque du second temple, la synagogue continua et se répandit partout en Israël. C’est ce lieu de culte qui a survécu dans le judaïsme et qui est encore utilisé aujourd’hui.

Hervé Tremblay, o.p.
Professeur au Collège universitaire dominicain (Ottawa)
Source : Interbible

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Barou’h chéamar – Béni soit celui qui a dit…

 

Selon la légende, les Sages de la Grande Assemblée qui siégeaient à Jérusalem à l’époque du Temple, chargés de légiférer, ont rédigé ces louanges en copiant un texte inspiré par le ciel. Dans cette bénédiction, le mot Barou’h «Béni» est répété à treize reprises, qui correspondent aux treize attributs divins de miséricorde. Avec cette prière commence la deuxième partie de l’office du matin, pessouké de zimra, versets des chants qui ont pour but de glorifier l’Éternel pour mieux préparer le fidèle à la prière, le mettre en situation d’invoquer le Créateur.

Barou’h chéamar est récité debout et les tsitsit à la main pour marquer qu’il s’agit là de glorifier le divin, ce que l’homme peut en percevoir à travers ses attributs. Cette prière doit également son importance au fait qu’elle donne des indications sur la signification du Tétragramme. Il participe de la dimension de miséricorde qui implique que le Créateur est proche de ses créatures. Car, promet-Il, «Je serai avec toi et Je te protégerai» (cf. Ps 91,14)


Béni soit celui qui a dit et le monde fut.
Béni soit celui qui dit et accomplit. Béni soit-il!
Béni soit celui qui décrète et réalise.
Béni soit l’auteur de la création.
Béni soit celui qui prend la terre en pitié.
Béni soit celui qui prend les créatures en pitié.
Béni soit celui qui récompense ceux qui le craignent.
Béni soit celui qui rachète et qui sauve; béni soit son nom!
Béni sois-tu, Éternel, Roi du monde,
Dieu, père miséricordieux, célébré par la bouche de son peuple,
loué, glorifié par ceux qui l’aiment, ses serviteurs.

Par les psaumes de David, ton serviteur, nous te louons, ô Éternel, notre Dieu.
Par des louanges et des cantiques, nous célébrons ta grandeur, nous te louons, nous te glorifions, nous te proclamons Roi et mentionnons ton Nom, ô notre Roi, notre Dieu Unique, éternellement Vivant. Roi révéré dont le grand Nom est glorifié à jamais.

Béni sois-tu, ô Dieu. Souverain magnifié par les louanges.

 

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Barou’h chéamar – Béni soit celui qui a dit…

Selon la légende, les Sages de la Grande Assemblée qui siégeaient à Jérusalem à l’époque du Temple, chargés de légiférer, ont rédigé ces louanges en copiant un texte inspiré par le ciel. Dans cette bénédiction, le mot Barou’h «Béni» est répété à treize reprises, qui correspondent aux treize attributs divins de miséricorde. Avec cette prière commence la deuxième partie de l’office du matin, pessouké de zimra, versets des chants qui ont pour but de glorifier l’Éternel pour mieux préparer le fidèle à la prière, le mettre en situation d’invoquer le Créateur.


Barou’h chéamar est récité debout et les tsitsit à la main pour marquer qu’il s’agit là de glorifier le divin, ce que l’homme peut en percevoir à travers ses attributs. Cette prière doit également son importance au fait qu’elle donne des indications sur la signification du Tétragramme. Il participe de la dimension de miséricorde qui implique que le Créateur est proche de ses créatures. Car, promet-Il, «Je serai avec toi et Je te protégerai» (cf. Ps 91,14)

Béni soit celui qui a dit et le monde fut.
Béni soit celui qui dit et accomplit. Béni soit-il!
Béni soit celui qui décrète et réalise.
Béni soit l’auteur de la création.
Béni soit celui qui prend la terre en pitié.
Béni soit celui qui prend les créatures en pitié.
Béni soit celui qui récompense ceux qui le craignent.
Béni soit celui qui rachète et qui sauve; béni soit son nom!
Béni sois-tu, Éternel, Roi du monde,
Dieu, père miséricordieux, célébré par la bouche de son peuple,
loué, glorifié par ceux qui l’aiment, ses serviteurs.

Par les psaumes de David, ton serviteur, nous te louons, ô Éternel, notre Dieu.
Par des louanges et des cantiques, nous célébrons ta grandeur, nous te louons, nous te glorifions, nous te proclamons Roi et mentionnons ton Nom, ô notre Roi, notre Dieu Unique, éternellement Vivant. Roi révéré dont le grand Nom est glorifié à jamais.

Béni sois-tu, ô Dieu. Souverain magnifié par les louanges.

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Intercession et action de grâces de Noé

De façon surprenante, le récit du déluge se trouve complété dans le Coran par un épisode particulier : un fils de Noé aurait refusé de monter dans l’arche, prétendant se sauver par ses propres moyens, se solidarisant ainsi avec le peuple des dénégateurs que le châtiment venait d’engloutir. Or Noé voulut intercéder pour son fils (comme par la suite Abraham le fera pour son père). Cette prière paternelle d’intercession ainsi que la réponse divine contiennent un enseignement que le Coran se plaît à souligner pour montrer que les solidarités de la foi l’emportent – en cas de conflit – sur les liens du sang.


Noé appela son Seigneur : «Seigneur, dit-il, mon fils est de ma race.

Certes Ta promesse est la Vérité! Tu es le plus juste des Juges.»

Dieu répondit : «Celui-là n’appartient pas à ta famille; il a commis un acte infâme! Ne me sollicite pas, non! sur ce dont tu n’as pas connaissance. C’est Moi qui te mets en garde contre une coupable ignorance.»

[Noé] dit : «Mon Seigneur, en Toi soit mon refuge contre toute idée de Te solliciter sur ce dont je n’ai pas connaissance. À moins que Tu ne m’accordes pardon et miséricorde, je serai du nombre des perdants» (C 11,45-47).

Relevons qu’une fois encore la leçon centrale porte sur l’intercession. Or, comme il est dit en C 39,44 :

À Dieu seul l’intercession en tout! À Lui la royauté des cieux et de la terre…

Noé fit encore cette prière :

Louange à Dieu qui nous a sauvés du peuple des iniques… Mon Dieu fais-moi débarquer dans un lieu béni. Tu es le meilleur de ceux qui mènent à bon port» (C 23,28-29).

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Une prière de prise de vœux du bodhisattva

Les prières de prise de vœux du bodhisattva sont comme des fenêtres qui ouvrent sur toute la cohérence du bouddhisme du Mahâyâna et du Vajrayâna. À travers elles, on découvre l’altruisme de cette voie et la solidarité qui existe entre tous les êtres dans tous les univers passés, présents et futurs. La prière proposée ici est celle du grand maître indien Shantideva (VIIe – VIIIe siècle).


Vous tous, les bouddhas vainqueurs qui résidez dans les dix directions de l’univers, (1)
Vous tous les bodhisattvas grands êtres des dix terres, (2)
Vous tous, grands maîtres détenteurs adamantins, prêtez-moi attention, je vous prie!

Jusqu’à ce que j’obtienne l’essence de l’Éveil,
Je prends refuge dans les bouddhas,
Ainsi que dans le Dharma et dans l’assemblée des bodhisattvas.

Tout comme les Bienheureux Éveillés des temps passés ont développé l’esprit d’Éveil
et se sont établis progressivement dans l’entraînement d’un bodhisattva,
de même, pour le bien de tous les êtres, j’éveillerai l’esprit d’Éveil
et m’entraînerai moi aussi graduellement dans ces disciplines.

Aujourd’hui, ma naissance est devenue fructueuse,
car j’ai bien obtenu une existence humaine.
Aujourd’hui, je nais dans la famille des bouddhas,
et je suis désormais un fils (une fille) des Vainqueurs.

J’accomplirai désormais des actes dignes de ma famille.


[1] Les textes bouddhiques font souvent référence aux dix directions : les quatre directions cardinales, les quatre directions intermédiaires, le zénith et le nadir.

[2] Le bodhisattva franchit dix étapes successives au cours de sa «carrière». Selon certaines écoles du Grand Véhicule, ces dix terres font partie des 52 degrés vers l’Éveil suprême.

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