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les sœurs Missionnaires de la Charité expulsées

Les religieuses de la congrégation des Missionnaires de la Charité, ordre créé par Sainte Teresa de Calcutta, ont quitté le Nicaragua mercredi 6 juillet, une semaine après que les autorités ont décrété leurs opérations illégales.

Le président Daniel Ortega, « celui-là même qui a reçu Mère Teresa de Calcutta dans les années 1980, est celui qui a expulsé du pays sa congrégation religieuse », a indiqué mercredi le Centre nicaraguayen des droits humains (Cenidh). Selon cette source, la quinzaine de religieuses a été expulsée comme si elles étaient des « délinquantes ».

De multiples fermetures d’associations

La congrégation a été déclarée illégale la semaine dernière par le Parlement, contrôlé par le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, ex-guérilla au pouvoir), tout comme une centaine d’ONG, au motif qu’elles avaient enfreint la législation en ne communiquant par leur situation financière et en n’expliquant pas l’origine des dons reçus.

D’après le ministère de l’intérieur, qui contrôle les ONG et qui avait réclamé l’annulation de plus de 700 de ces organisations, les Missionnaires de la Charité n’étaient pas accréditées pour mener des actions d’assistance sociale.

Le seul cardinal du Nicaragua et évêque de Managua, Leopoldo Brenes, avait regretté « profondément » lundi la fermeture de cette fondation qui fournissait « de l’aide aux plus démunis ». Le quotidien La Prensa a indiqué que les religieuses – originaires de plusieurs pays – étaient sorties du Nicaragua par la frontière terrestre avec le Costa Rica. Le gouvernement ne s’est pas exprimé sur le sujet.

Le gouvernement cible les figures de l’Église

Cette expulsion est une nouvelle illustration des tensions croissantes entre le gouvernement Ortega et l’Église catholique depuis 2018, quand plusieurs établissements religieux avaient offert refuge à des manifestants pendant la répression de mouvements sociaux.

Ceux-ci ont été réprimés dans le sang avec un bilan d’au moins 355 morts, 2 000 blessés, un demi-millier de prisonniers et des dizaines de milliers d’exilés, selon des organisations de défense des droits humains.

Daniel Ortega, ancien guérillero au pouvoir depuis 2007, avait attribué ces manifestations à un coup d’État manqué de l’opposition avec l’appui des États-Unis, et avait accusé les représentants de l’Église de faire partie de ce complot.

Le nonce apostolique au Nicaragua, Mgr Waldemar Stanislaw Sommertag, a lui aussi a été expulsé en mars. Le Vatican avait indiqué avoir reçu « avec une grande surprise et un grand regret » une notification selon laquelle le gouvernement avait retiré son agrément à Mgr Sommertag, « l’obligeant à quitter immédiatement le pays ».